Namur

A Andenne, une famille est accusée de traite d’être humain. Près de 50.000€ d’arriérés de rémunération sont réclamés.

Trois membres d’une même famille d’origine indienne, un couple et le frère du principal prévenu, sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Namur pour traite d’être humain. On leur reproche en effet d’avoir profité de la vulnérabilité de Nicolaï, un Roumain d’une quarantaine d’années en séjour illégal. Présenté comme un travailleur indépendant, ils ont employé celui-ci en 2016 et 2017 dans leur car-wash d’Andenne. La rémunération de celui-ci a varié entre 300 et 600 euros par mois, alors qu’il prestait près de 69 heures par semaine. Le travailleur était logé sur place, dans un abri en tôle ondulée de 12 mètres carrés sans fenêtre ni aération où il dormait sur un matelas posé à même le sol. Il était surveillé par ses patrons à l’aide de caméras.

« Aujourd’hui, mon client vit à Liège et essaie d’oublier ce qu’il a vécu à Andenne », expliquait Me Lothe, qui réclame un dommage moral de 5000€ pour son client et le remboursement de 49.621€ d’arriérés de rémunération. « Il travaillait près de 69 heures par semaine : de 8h30 à 19 h du lundi au samedi et de 8h30 à 14h le dimanche, il n’avait pas eu un seul jour de congé, il était corvéable à merci. A l’essai, il a d’abord touché 400 € par mois, puis 300 et enfin 600. L’endroit où il était logé était insalubre, contraire à la dignité humaine. »

C’est lors d’un contrôle réalisé le 14 juin 2017 que la victime a fait part de sa situation. « Le principal prévenu a déjà été condamné pour escroquerie, usage de faux, traite d’être humain et association de malfaiteur, il connaît donc la législation en vigueur dans notre pays », expliquait l’auditeur du travail Jérôme Deumer. Ce dernier requiert une peine de 3 ans de prison à l’encontre du principal prévenu et une amende de 10.000 € à majorer des décimes additionnels. Pour l’épouse et le frère de celui-ci, il demande des peines de travail de 200 heures et des amendes de 5000€ à majorer des décimes additionnels. 10.000 € d’amende, à majorer des mêmes décimes, sont réclamés à la société qui représente le car-wash. 67.988€ de cotisations non payées à l’ONSS sont réclamés, tout comme la confiscation des 20.O18€ présents sur les comptes de la société. Enfin, une fermeture temporaire de 2 ans du car-wash est demandée.

Estimant que les faits commis relèvent de la même intention délictueuse que celle ayant déjà fait l’objet d’une condamnation récente, l’avocate du couple demande l’absorption. L’avocat du troisième prévenu demande une suspension probatoire du prononcé de la condamnation, alors que l’avocat de la société invoque l’excuse absolutoire.

Un dépôt de pièces est fixé au 13 novembre.