Les maisons de repos ont été livrées à elles-mêmes lors de la première vague de Covid. Au-delà des décès et de la maladie, il a surtout fallu gérer la souffrance psychologique des résidents. "Nous avons rapidement mis en place une permanence téléphonique mais elle ne remplacera jamais les liens physiques", précise la psychologue Cécile Dupont. "Beaucoup chez nous souffrent de pathologies lourdes et de maladies cognitives. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils ne recevaient plus de visites et pensaient carrément que leur famille les avait abandonnés. Il a donc sans cesse fallu leur rappeler le contexte particulier dans lequel nous nous trouvions, voire même faire en sorte qu’ils se souviennent de leurs proches", poursuit la psychologue.

Dorénavant, les visites sont autorisées mais le protocole est très strict et ne rend pas la situation sociale moins pénible. Au foyer Sainte-Anne de Salzinnes, deux étages sont pour l’instant confinés. Un tiers des résidents a droit à voir un proche mais cette visite est quasiment limitée à sa plus simple expression. "Elle ne se fait plus en chambre mais dans une pièce où un plexi sépare les deux personnes. Il n’y a donc aucune proximité physique. Nous avons 75 résidents, cela demande une solide organisation et les visites sont limitées à vingt minutes. Autant qu’à l’issue de celles-ci, les pensionnaires vivent un véritable déchirement."

Des familles qui s’impliquent en organisant ces moments d’accueil pour soulager un personnel également en souffrance et surtout à bout de souffle

G.P