Le jemeppois Christophe Sévenants est peut-être plus connu pour son action politique que pour son métier d’instituteur. Celui qui a été notamment échevin et président du conseil d’administration du CHR Sambre & Meuse a toujours été véritablement passionné par le métier qu’il exerce depuis plus de 20 ans et qu’il a toujours refusé d’abandonner, même au plus fort de son activité politique.

Se présentant comme « un enseignant non vacciné prioritairement et essentiellement toujours motivé par l’accomplissement de son travail », il s’est fendu, via les réseaux sociaux, d’une lettre ouverte à l’ensemble des responsables de l’enseignement fondamental : la Ministre, les directions des administrations, les directions des écoles mais également à l’intention des autres enseignants, des syndicats et des parents d’élèves.

Pour lui, en cette pleine période de pandémie, les choses sont claires, il faut annuler les examens permettant d’obtenir le CEB (Certificat d’Etudes de Base qui permet d’accéder à la première année commune de l’enseignement secondaire).

Pour l’enseignant, faire passer le CEB aux éleves implique pour eux deux semaines de révisions, une semaine d’examens et, pour les instits, une autre semaine dédiée à la constitution des dossiers scolaires. “Le CEB, c’est donc encore un mois complet d’apprentissage perdu ! Alors que tant d’élèves n’ont pu bénéficier de bon nombre de journées d’enseignement en 2020 et en 2021, est-ce raisonnable ?” Le stress encaissé par les élèves et leurs parents depuis mars 2020 a été important, ajoute Christophe Sévenants. Le CEB augmentera encore celui-ci. “Est-ce nécessaire ? Quel en sera le bénéfice ? Pour moi, il sera vraiment minuscule mais deviendra anxiogène et discriminatoire !

Il pointe également les conditions sanitaires qui devront être respectées : “Les inspections réfléchissent. Il est impossible de faire passer les CEB à 100 élèves ! Donc on l’organisera dans chaque classe ? Qui corrigera ? L’enseignant de la classe ? Ce serait logique puisqu’ il distribuera les copies et qu’ il corrigera déjà les feuilles de l’année de sa classe. Mais quid alors de l’éthique ? De l’équité ?

L’instituteur propose des solutions: “Il faut permettre d’enseigner jusque fin juin et combler naturellement certains retards dans les apprentissages. Et donner plus de pouvoir de décision au conseil de classe, qui travaillera en collaboration avec les pédopsychiatres et les centres PMS. Il faut également organiser une réelle collaboration entre fondamental et secondaire. Chaque élève du fondamental dispose de son propre dossier, il faut que celui-ci soit également transmis aux enseignants du secondaire pour qu’ils aient très vite une bonne connaissance du parcours de l’élève.

Pour le jemeppois, l’annulation des CEB permettra donc de lutter contre le stress des élèves et des parents.“Sinon, prévient-il, on risque effectivement une troisième vague mais qui sera principalement psychologique et entraînera un burn-out important”.