Ce lundi, le conseiller communal Ecolo Jean-Luc Révelard interpellera le conseil communal à propos de l’avenir de la Basse-Sambre. “En effet, explique-t-il, pour mieux assurer l’efficacité des services publics, le Gouvernement wallon souhaite inciter les pouvoirs locaux à développer des politiques supracommunales. Un encouragement financier spécifique est octroyé aux projets supracommunaux sélectionnés dans le cadre de cet appel à candidature. Les projets présentés visent notamment à animer et coordonner un territoire bien défini et à assembler des moyens financiers pour une meilleure utilisation de ceux-ci par une mutualisation de projets ou la passation de marchés conjoints.” Le Bureau Économique de la Province de Namur (BEP) a pris l’initiative d’inviter les communes associées dans la zone de secours “Val de Sambre” pour réfléchir à la question. “Sur les six, trois d’entre¬elles ne se sont pas montrées intéressées. Or comme le projet de la Région wallonne précise qu’il faut minimum 5 communes associées, Sambreville se retrouve exclue”, ajoute le conseiller Ecolo dont le parti déplore le manque de vision et de stratégie qui laisse la région de la Basse-Sambre dans une sorte de non man’s land entre deux bassins de vie que sont Charleroi et Namur.

L’occasion pour nous de faire le point sur le sujet avec le bourgmestre Jean-Charles Luperto (PS).

Si, pour ce dernier, il est indéniable que les six communes qui forment déjà la zone de secours Val de Sambre (Sambreville, Jemeppe-sur-Sambre, Fosses-la-Ville, Mettet, Floreffe et Sombreffe) constituent un territoire cohérent, une solution qu'il a défendue, la vraie question qui se pose est “a-t-on la volonté de faire territoire ensemble ?”” L’architecte et urbaniste italienne Paola Vigano, professeur à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne et personnalité reconnue dans le domaine du développement territorial, avait plaidé en ce sens en 2019, proposant une large entité centrée sur les communes de Jemeppe et de Sambreville. “Mais, lance Luperto, force est de constater qu’il n’y a pas une volonté large dans le Val de Sambre de se vouloir un destin commun. Jemeppe, entre autres, a opposé un non catégorique à la proposition.” Une position selon lui qui n’a pas été vraiment justifiée, avec probablement des difficultés interpersonnelles parce qu’on n’a pas envie de se placer derrière lui ou plus largement de s’accoler à “Sambreville la rouge” dans une démarche politico-politicienne. 

Le problème, pour le mayeur socialiste c’est que c’est l’avenir du territoire qui se joue. On sait que la volonté du gouvernement wallon est de mieux subsidier les communes qui auront opté pour la supracommunautalité. “Si les communes de l’actuelle région de Basse-Sambre ne parviennent pas à s’entendre pour former un territoire, il n’y a que deux formules : rester tout seul au milieu du bois et on sait qu’on se condamne à rester isolé, à perdre des financements. C’est un choix que je ne peux pas faire. Par contre, il n’y a pas de contraintes de frontières provinciales dans l’appel à projets. Chacun sait qu’il y a une continuité territoriale de Sambreville avec Aiseau, Farciennes, Charleroi. On est dans le même bassin de vie. C’est objectif. On peut faire des analyses de mobilité, de consommation, il y a entre Charleroi et nous un hinterland réel. Nous allons donc proposer de nous rattacher ponctuellement au projet de Charleroi Métropole”.

Une position qui ne remet évidemment aucunement en question l’appartenance de Sambreville à la province de Namur ou les relations qui existent déjà avec d’autres acteurs de la province, exlique le bourgmestre mais il se veut très clair : “Nous avons opté à très court terme pour une adhésion au projet Charleroi Métropole et je ne cacherai pas que la discussion va se poursuivre avec les acteurs de celle-ci pour voir si nous allons un pas plus loin dans cette collaboration puisque, je le pense de toutes mes forces, la Wallonie souhaite développer des territoires et financera des projets qui s’inscriront dans ces territoires et la supracommunalité.”