Namur Depuis 7 ans, l’homme sort 2 à 3 fois par semaine pour repêcher des déchets.

Marc est un Plantois. Depuis 7 ans, les habitants du bord de Meuse le voient nettoyer le fleuve et ses berges.

Plusieurs fois par semaine. "Mon parcours, c’est entre La Plante et Wépion. J’aimerais bien aller de l’autre côté de l’écluse, vers Namur, mais je n’arrive pas à avoir d’autorisation de passer l’écluse à bord de mon kayak", regrette le quinquagénaire qui a été sensibilisé il y a 7 ans.

"Un jour, je me promenais en kayak sur la Meuse lorsque j’ai vu un cygne avaler un morceau de frigolite et agoniser sous mes yeux : C’était horrible, ça m’a traumatisé", explique Marc.

Depuis , il nettoie la Meuse inlassablement, deux à trois fois par semaine. "Je remplis mon kayak des détritus que je trouve, parfois il n’est pas assez grand. J’ai failli couler en tirant vers la berge un tube cathodique que j’avais accroché avec une corde", relate-t-il.

Certains se demandent qui est ce monsieur bizarre, et le qualifient de baraki ; d’autres se rendent compte du travail qu’il accomplit jour après jour.

"Du côté Ville de Namur comme du côté Région wallonne, personne ne fait ce travail, de nettoyer les berges et l’eau. Moi, je le fais pour protéger la faune et la flore avant tout, mais il en va aussi de la santé des humains. De l’activité économique aussi : les touristes n’ont pas envie de voir les crasses flotter sur la Sambre entre le Grognon et le pont de l’Évêché", argumente celui qui pique une pointe jusque-là les rares fois où un éclusier le laisse traverser.

C’est aussi Marc qui renettoie l’île Vas-t’y-frotte, de manière illégale, mais pour le bien commun. "Elle est classée Natura 2000 donc on ne peut pas y mettre les pieds. Le problème, c’est qu’il y a plein de déchets en plastique que personne ne va enlever sauf moi. Les canards ou les oies qui vont y faire leur nid utilisent des branches, mais aussi des débris. Or, s’ils font leurs œufs là-dessus, ceux-ci n’écloront jamais", justifie celui qui s’est documenté sur le sujet.

Marc regrette de ne plus bénéficier des sacs-poubelle que la Ville mettait à sa disposition. Il doit les acheter, mais cela ne le décourage pas de continuer.