Si le couperet n’est pas encore tombé, David Rossomme ne se fait guère plus d’illusions quant à l’organisation du marché de Noël de Namur. «J’ai tout de même demandé à une personne de mon équipe de travailler sur trois-quatre plans mais plus le temps passe, plus l’étau se resserre » confirme-t-il. «Avant d’installer les chalets, il faut les contrôler dans notre atelier, les rafraichir, voire les réparer. Cela ne se fait pas en un jour. Les acheminer sur place, ainsi que toute la décoration, demande l’utilisation de 25 semi-remorques. Pour le montage, il faut l’investissement de dix personnes et cela demande deux semaines et demi de travail. » 

Réduire la voilure, créer un événement plus intimiste et local aurait-il du sens en termes de rentabilité ? « Tous les exposants sont dans l’attente et dans le doute. Tout le monde est avide de se retrousser les manches mais personne n’a logiquement pris le risque d’acheter de la marchandise qu’il ne pourrait pas écouler. Des Français qui réservent habituellement un gîte ne l’ont pas fait. De mon côté, ce n’est pas une semaine de marché avec 20 chalets qui va remplir les caisses. A l’heure actuelle, on est de toute façon très loin d’imaginer qu’une telle formule puisse même être autorisée. » 

Comme d’autres entreprisses événementielles, Eventsee est en stand by depuis de nombreux mois. «On est six au total, tous au chômage depuis le mois de mars. La dernière véritable activité, c’était le marché de…Noël 2019. Tout mon programme du dernier été est tombé à l’eau. La plus grande difficulté est l’impossibilité de se projeter. Pour la Chinelle en août 2021, je dois déjà démarcher les sponsors d’ici un mois ou deux. Comment les convaincre ? »

 David Rossomme peut malgré tout s’appuyer sur une base de clients pour se diversifier et concrétiser des projets en gestation. «Je propose des modules durables de 30m² (ndlr : pour lesquels il ne faut pas de permis d’urbanisme) à placer par exemple au fond du jardin. Cela peut être vu comme un lieu de vie ou un espace professionnel. Nous avons l’atelier pour tout construire chez nous et cela me permet de réengager certaines personnes de mon équipe. Avec ma boîte de com, on va ouvrir un studio pour tourner des vidéos d’entreprise et on veut se spécialiser dans le marketing digital. Enfin, le domaine de la publicité est aussi fragile. En ces temps difficiles, c’est le premier poste de dépenses que l’on supprime. »