Le bourgmestre de Namur essaie de débloquer la situation avec l'administration fédérale.

Maxime Prévot a déjà vécu des situations de crise à Namur, mais aucune d'une telle envergure. Son rôle de bourgmestre d'une ville de 110.000 habitants ne lui laisse pas de répit depuis le début de la crise du coronavirus. Au moment d'écrire ces lignes, juste après l'interview, il était en pleine urgence: la commande conjointe de 30.000 masques de protection ville de Namur/CPAS, si elle est bien arrivé sur le territoire belge, ne pouvait pas être livrée. "Les caisses sont là, mais bloquées au centre de tri d'UPS à Lommel. J'ai pris contact directement avec la Ministre Muylle pour débloquer la situation et que l'administration fédérale puisse donner son feu vert", nous confie-t-il en coup de vent.

Un exemple parmi d'autres de problèmes qui surgissent inopinément. Juste avant il avait "sauvé" les toilettes publiques de la fermeture. "La société Decaux souhaitait préserver son personnel chargé de l'entretien et déclarer les 3 WC publics hors service jusqu'à la fin du confinement. J'ai expliqué à quel point elles étaient essentielles au public SDF alors que tous les cafés et locaux associatifs sont fermés, informer sur le pouvoir de réquisition des bourgmestres et l'entreprise a bien compris que l'enjeu était important." Conclusion: les 3 toilettes publiques (en fonction) rue de Fer, Rempart de la Vierge et au parc Astrid de Jambes restent accessibles pendant le confinement.

Le quotidien de celui qui était déjà bien occupé du temps pour être à la fois président de parti et bourgmestre de la capitale wallonne connaît encore moins de temps mort qu'auparavant. Oubliés, les week-end au calme. Les soirées de repos aussi. "Dans les circonstances actuelles, je me dois de répondre personnellement aux inquiétudes des citoyens qui me posent des questions par mail ou par message sur les réseaux sociaux. Certains m'écrivent à 4h du matin. Je ne réponds pas à cette heure-là. mais il m'arrive de terminer mon dernier message à 23h passées", raconte-il lorsqu'on lui demande à quoi ressemble sa journée.

Ce qui tracasse les Namurois, plus particulièrement? "Ils ont peur de mal faire. Ils m'interrogent sur les déménagements, les mariages, sur la façon dont ils peuvent pratiquer leur sport... Une maman avec la garde alternée s'inquiétait de ce que son ex conjoint n'allait peut-être pas se montrer aussi prudent, mais je ne peux pas lui donner l'autorisation d'outrepasser un jugement", relate-t-il.

La journée défile, rythmée par une succession de réunions à distance. "J'en ai au moins 4 par jour. Je suis non seulement bourgmestre, mais employeur de 1.500 personnes à la ville, 400 à la police, plus celles chez les pompiers et au CPAS. Il faut s'organiser pour que les services puissent fonctionner dans les prochaines semaines, quand ceux en première ligne seront épuisés. Il faut essayer d'établir des cycles de travail, réaffecter certains agents là où on a besoin d'aide", énumère-t-il.

Les réunions physiques continuent de se tenir, situation de crise oblige, mais à bonne distance entre les participants. "Le collège (bourgmestre + échevins) se réunit désormais dans la grande salle du conseil communal comme la réunion d'information aux groupes politiques chaque vendredi, les réunions avec le comité de direction et celles avec la cellule de crise."

Sans oublier la casquette de président de parti qui soutient le gouvernement avec son lot de réunions aussi.