Mercredi, nous évoquions la possibilité de voir l'attraction touristique Mini-Europe, qui doit quitter le plateau du Heysel, s'installer à Dinant ou à Chevetogne. Comme nous l'écrivions, l'ancien bourgmestre dinantais aujourd'hui député provincial, Richard Fournaux, soutient en tout cas le projet auprès de la ministre wallonne du tourisme Valérie De Bue. Le Mont Fat à Dinant a été évoqué mais, selon Fournaux, le Domaine de Chevetogne pourrait être un plan B, ce qui fait bondir Antoine Piret, chef de groupe du PS au conseil provincial, qui en profite pour réclamer un débat démocratique sur le futur du Parc de Chevetogne.

"Cet été, les conseillers provinciaux ont pu prendre connaissance d’un document intitulé « Le Musée Vert - Réconcilier l'humanité et la biodiversité 2050 » et proposé par Marc Dufrêne Professeur d'écologie à Gembloux Agro-Bio Tech (Université de Liège) et Bruno Belvaux, Directeur du Parc de Chevetogne", explique Antoine Piret. Ce document propose de faire du Domaine un sanctuaire de la biodiversité fait de forêt intégrale, de zones humides et d’une zone anthropique dédicacée à la rencontre entre l’homme et la nature. Ce projet s’inscrit résolument dans une approche scientifique de « conservation de la nature » qui positionne davantage la Parc comme un grand parc naturel que comme une « Attraction de type Mini Europe». Ce projet a d’autres visées pour la planète . On citera notamment l’épuration de l’eau , de l’air , la lutte contre le stress hydrique , l’érosion , la protection et la restauration de la biodiversité, l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite".

Selon le socialiste, "le projet « Musée Vert » vise notamment à construire à Chevetogne un lieu de détente et de partage de l’enchantement de la biodiversité et de la naturalité pour le plus grand nombre, de manière à répondre aux enjeux d’un développement soutenable. Il vise aussi à la mise en place d’un Collège scientifique pluridisciplinaire, à la demande d’un statut de réserve naturelle « qui permettrait au DNF et/ou à une association naturaliste de s’investir dans la gestion, le monitoring scientifique, la communication et l’animation du site, ou encore à la demande de reconnaissance comme site Natura 2000, de manière à participer au plus grand réseau mondial de zones protégées et de pouvoir bénéficier de l’accès à de nouvelles sources de financement pour la gestion de la nature"

Pour lui, on le voit, on ne parle pas du même projet. "En l’état, la proposition du député Fournaux, si elle peut avoir un sens en matière de rentabilité économique, semble bien éloignée des objectifs de démocratie culturelle et de respect de la planète portés par le Projet « Musée Vert ». Il n’est pas question de dénigrer l’un ou l’autre qui ont chacun leurs raisons et leurs défenseurs mais plutôt de constater que le rapprochement des deux concepts est tout sauf cohérent."

Par souci précisément de cohérence, de respect pour l’initiative du Professeur de l’Université de Liège Marc Dufrêne et du Directeur du Domaine Bruno Belvaux, et en vue d’assurer la vitalité démocratique de l’institution provinciale, il semble à Antoine Piret essentiel de pouvoir échanger avec les auteurs de ce projet et de construire collectivement le futur du Domaine de Chevetogne. "Cette demande exprimée par le groupe socialiste au Conseil provincial de septembre nous a été refusée par les députés provinciaux... A la lecture des déclarations du député Fournaux, nous exigeons ce débat démocratique!"

Le chef de groupe socialiste n'est pas content et veut le faire savoir. "Les services de Chevetogne n’ont bien entendu pas été contactés par Fournaux sur le fait de savoir si le projet pouvait rencontrer le leur, si des surfaces compatibles étaient disponibles au plan de secteur et de quelle manière il était possible de concilier ou pas la coexistence de deux projets. On s’interroge dès lors sur le fait de savoir si le Député Fournaux a lu le projet Musée Vert et si son intention est de nier et de mépriser la proposition du personnel du Domaine et du Professeur Dufrene avant même d’avoir pris le temps de débattre avec eux".

"Quinze jours après avoir forcé le passage en régie , huit jours après avoir annoncé l’ exigence d’un équilibre financier à Chevetogne, la majorité provinciale découvre ouvertement son programme d’action à savoir la désintégration du Parc Provincial et sa mise en lotissement par parcelles auprès de groupes financiers" lance encore le Namurois qui clame "ne pas vouloir de privatisations qui mettront à mal l’accessibilité du domaine pour les habitants de notre province. Nous ne voulons pas de disneylandisation du paysage, faite de mini-mondes de carton pâte visant exclusivement une rentabilité financière. Cette nouvelle annonce est à la mesure de la réforme namuroise des provinces : inhumaine et absurde. Comme celle de supprimer un service de l’environnement à une période où celui-ci n’a jamais été autant malmené , de construire une maison administrative de 25 millions aux frais du contribuable quand la crise du covid a démontré que les agents administratifs pouvaient faire le même travail à domicile, de désintègrer des services de première ligne utiles à la population pour conserver une garde prétorienne dans leurs cabinets personnels".