Ils sont neuf à être poursuivis devant le tribunal correctionnel de Namur pour un trafic de stupéfiants. Pour certains, la circonstance aggravante d’avoir fait partie d’une association de malfaiteurs est retenue.

Le dossier a débuté à la suite d’informations policières selon lesquelles une dame vendait toutes sortes de drogues : cocaïne, LSD, ecstasy et kétamine. Une perquisition a été menée chez une personne de son entourage, en novembre 2019, soupçonnée d’être son fournisseur. Une perquisition positive puisque 113 pilules d’ecstasy ont été retrouvées dans la hotte de la cuisine ainsi que 73g de cannabis. Les policiers ont aussi mis la main sur près de 3.000€, une balance et des sachets de conditionnement. Son téléphone et un ordinateur portable ont été analysés. De nombreux messages ont permis d’identifier trois clients qui l’ont reconnu comme étant leur dealer, selon le parquet de Namur qui a requis trois ans à son encontre. "Monsieur travaillait avec elle (Ndlr : la dame que la police avait dans le collimateur) avec un système de dépôt/vente. À charge pour elle de les vendre. Il y avait un rôle bien défini. Chez elle, on a retrouvé 320€, des sachets, trois balances, 3g de speed, 50 pilules et du LSD." Ce constat, le ministère public l’a également fait pour l’ex-compagne du fournisseur, contre qui deux ans sont requis. "Elle jouait le rôle de nourrice et a aussi servi d’intermédiaire avec certains clients. Parallèlement à ça, elle vendait déjà pour son propre compte à d’autres personnes."

Du côté de la défense, on a contesté l’association de malfaiteurs. Les avocats ont tous rebondi sur les propos de leurs clients lors de l’instruction d’audience. "Nous étions tous amis et nous dépannions mutuellement, cela n’avait rien à voir avec du trafic, on se rendait service et on faisait des échanges", disaient-ils. Le fournisseur présumé se décrivait quant à lui comme un gros consommateur. "Ce n’est en aucun cas le dirigeant d’une association", a plaidé son avocat. "Il a été placé sous mandat d’arrêt pour de la vente de stupéfiants en 2017 et 2018. Il a été libéré sous conditions mais n’a pas réussi à arrêter de consommer. Les 113 pilules retrouvées chez lui dataient de cette période, les policiers ne les avaient pas trouvées. Ce n’est pas lui qui a arrosé le marché namurois de drogues de synthèse. Il déposait des produits à crédit chez son amie, mais il n’y avait aucun lien avec une organisation." Tous ont plaidé une suspension du prononcé ou une peine de travail.

Un autre trafic

L’enquête a permis d’identifier six autres personnes qui sont impliquées dans un autre trafic de stupéfiants, principalement du cannabis sur la région namuroise. Contre ces six prévenus, des peines de dix mois (2), de douze mois (3) et de deux ans (1) ont été requises. Une fois encore, leurs avocats ont plaidé la clémence du tribunal. Jugement le 21 janvier.