La ville a pour ambition d’installer sur son territoire un Family Justice Center.

Namur veut créer un espace d’accueil et de prise en charge des victimes de violences intra-familliales. Une étude de faisabilité financée par l ’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes est lancée par La Ville et la Province de Namur. Le point a été adopté à l'unanimité au conseil communal ce jeudi soir.

A quoi servirait-il? Exemple: "Jeanne et Thibaut ne veulent pas rentrer ce soir. Trop de violence à la maison, peur d’encore subir, peur de ne pas être compris ou d’être vus comme des lâches, ils cherchent une porte de secours. Aujourd’hui, ils veulent être accompagnés et aidés, le Family Justice Center est là ! Un seul endroit pour raconter leur histoire, une seule fois et ils seront épaulés."

Un Family Justice Center est le fruit d’une étroite collaboration entre les services sociaux, la Justice, la Police et des thérapeutes sur une problématique complexe : la violence intrafamiliale. Avec la même casquette, une équipe multidisciplinaire formée à la problématique apporte une aide spécialisée aux victimes et à leur famille.

Assistants sociaux, police, Justice et médecins mettent au point une approche réfléchie et concertée des problèmes liés à cette violence familiale. L'information peut être échangée efficacement entre les équipes d’aide sociale, médicale et le soutien juridique. Le parcours de reconstruction passe par l’aide psychologique comme par une assistance juridique. Les auteurs peuvent être tenus responsables de leurs actes et être amenés à comprendre les conséquences de la violence. Le concept existe en Europe depuis 2013, le premier centre a vu le jour à Anvers l’an dernier.

Cette violence a des conséquences dans bien des domaines différents de la vie et se traite avec l’ensemble des problématique sous-jacentes: soucis médicaux, santé physique comme mentale, problèmes relationnels, financiers, situation de logement difficile, isolement de son réseau, assuétudes (alcool, drogue, etc), troubles de la personnalité. Elle révèle parfois des différences d’éducation, des problèmes liés à la migration, la problématique de l’honneur comme le statut du séjour ou encore des problèmes éducatifs.

Un Family Justice Center doit correspondre à une réalité de terrain. Namur ne sera pas un copier/coller d’Anvers. Le centre est créé sur base des spécificités locales d’où l’importance d’une étude de faisabilité préalable. La Ville confie cette première étape au CERIAS – Centre d’Etudes & de Recherches sur l’Ingénierie et l’action sociales attaché à l’Henallux.

"Un tel centre a l’avantage de regrouper tous les services nécessaires sous un seul toit tout en limitant le temps d’attente et les déplacements avec une coopération interdisciplinaire. Le temps de réaction doit y être court. Il est aussi un outil de prévention dans la répétition du phénomène et d’amélioration des interventions", précise Stéphanie Scailquin, échevine de la Cohésion sociale et de l’Egalité des chances (photo). "Cette structure pourrait rassembler les nombreux services déjà existants, leur donner une visibilité plus importante ainsi que des solutions nouvelles dans ce parcours des victimes et de leur famille".