Trois ans que les artistes et amateurs des arts forains attendent ce moment. Après une édition 2020 annulée et une autre plus restreinte en 2021 (Ndlr : le festival avait été sélectionné comme événement test en pleine pandémie), Namur en Mai fait son grand retour ce jeudi 26 mai. Les spectacles et animations continueront jusqu’au samedi 28 mai inclus. "L’an dernier, c’était une édition militante avec des codes brisés pour condamner cet enfermement de la culture. Dès ce jeudi, on revient aux fondamentaux de Namur en Mai. Les spectacles vont aller chercher le public. Les artistes iront à la rencontre des gens dans les lieux qu’ils ont l’habitude de fréquenter, dans le coeur de ville", explique le directeur de Namur en Mai Samuel Chappel.

Parmi les artistes présents, on retrouve la compagnie ADM et son spectacle A 2 mètres conçu autour de la mucoviscidose dont Jesse, un des membres, est atteint. "On l’a mis sur pied quand il était à l’hôpital. À cette époque, il disait qu’il ne pourrait plus faire de cirque à cause de cela", explique Rocio, l’une des artistes. Confiance et espoir sont les maîtres mots de ce spectacle.

Dans un autre style, la compagnie de la Corneille bleue jouera son spectacle Viens on se tire sous un chapiteau de 4m/8m, capable d’accueillir 35 personnes, dans le jardin du pôle muséal les Bateliers, à Namur. Le pitch : deux personnes avec une cravate autour du cou arrivent avec un gros vélo à l’intérieur de ce chapiteau. Elles ont l’air en fuite. Lorsqu’elles se sont débarrassées de leur cravate et qu’elles veulent repartir, elles rencontrent un étrange bonhomme qui vit dans une caisse froide et métallique, lequel vit au rythme infernal du "métro, boulot, dodo".

Autre registre, la compagnie Legoboum incitera également son public à mener une réflexion avec Combadego. Celui-ci relate la relation entre un maître et son chien, avec une seule corde noire de 20m pour décor. "On sera cinq sur scène", glisse Emma, l’une d’entre elles. "Le maître est à la recherche de son chien, qui sera joué par quatre personnes différentes. S’opère ensuite une rupture. On se retrouve dans la tête du chien, à la fois poète et philosophe, qui pose un regard sur le monde."

Nouveaux lieux et styles variés

Au total, une soixantaine de spectacles et près de 400 représentations sont programmés tout au long de ces trois jours. "Avec des nouveaux lieux comme la Confluence ou le Delta que nous avons voulu nous approprier en y proposant des arts de la rue. La Confluence a, par exemple, rapidement trouvé son public au quotidien. C’est un lieu qui vit tout le temps."

Les styles y seront, comme chaque année, multiples et variés. "À Namur en Mai, on aime les performances, les spectacles avec une grande proximité avec le public et ceux dont le message est fort de sens", termine Samuel Chappel.