Namur Le toit sera posé d’ici au 20 février, mais il reste un an de travaux.

D’ici à une grosse semaine, les Namurois auront l’impression que l’ouverture du parking du Grognon sera imminente : le toit sera posé et, vu de l’extérieur, il aura l’air terminé. En fait, il reste une petite année de travaux avant de pouvoir y garer les premières voitures.

C’est normal et c’est même inespéré. Deux ans après le début du chantier, malgré les fouilles archéologiques prolongées, le futur parking du Grognon a pris plusieurs semaines d’avance. Il est contractuellement prévu pour le printemps 2020, mais il pourrait bien être terminé pour le tout début 2020. Du moins s’il ne connaît pas d’imprévu du même type que l’Enjambée.


Pourtant, les défis étaient majeurs pour l’entreprise De Graeve, qui n’avait jamais dû construire un ouvrage comme celui-là. Pas tellement par la taille, encore qu’un parking souterrain de 5 000 m2 de surface au sol, sur quatre étages, pour garer 650 voitures, ça ne se croise pas tous les jours.

Mais surtout par les contraintes de l’endroit : à 9 m sous le niveau de la Meuse et de la Sambre, parfaitement étanche car il sera entouré d’eau une fois terminé, et parfaitement arrimé par des pieux verticaux car il ne sera pas assez lourd pour résister à la poussée verticale de l’eau étudiée par Archimède.

Sans oublier les outils surdimensionnés et rares observés sur le chantier, comme cette grue télescopique, la plus grande de Belgique, utilisée pour créer le trou de stross permettant le phasage du chantier. Ou encore cette foreuse de 20 tonnes qui va servir à trouer la roche en profondeur, bientôt.

La phase 5 du chantier est en train de se terminer, elle s’attaque à l’étage le plus bas de ce bâtiment qui s’apparentera à un aquarium inversé.

Le tunnel reliant le parking et le parlement wallon va débuter sa construction, ainsi que le remplacement d’une canalisation d’eau importante et les travaux de voiries qui permettront de dégager de l’espace pour créer l’esplanade, le dernier des chantiers à entreprendre (fin 2019) et à aboutir (fin 2020).

Coordination de 7 chantiers

Vu de l’extérieur, on pourrait imaginer que le Grognon, c’est un parking à creuser et une place à aménager. Or, entre le chantier des fouilles, celui des voiries régionales, celui de l’enjambée qui est plus extérieur, mais impacte aussi le quartier et quelques autres aménagements moins visibles, c’est 7 chantiers à coordonner. "Jusqu’à cinq d’entre eux peuvent se chevaucher, chacun avec sa logique et ses impératifs", observe Michel Jehaes, directeur du département voies publiques à la Ville de Namur. "C’est pourquoi la Ville s’est dotée d’un coordinateur de sécurité commun à l’ensemble des chantiers, mais aussi d’un coordinateur de chantiers venu de l’Inasep", insiste-t-il. Pour Dominique Frêteur, qui veille au respect du planning général, le point névralgique sur toute la durée est "la libération de l’avenue Baron Huart".