Dans le Namurois, la situation est parfois très critique pour trouver des professeurs en primaire. La crise du covid n’épargne personne. De plus en plus d’enseignants sont testés positifs (sans nécessairement avoir de graves symptômes), mais ils doivent être écartés une semaine ou deux par mesure de précaution. Il faut donc les remplacer, provisoirement. Un véritable parcours du combattant pour les directeurs d’écoles. 

« On prend son mal en patience. Ce n’est plus une bouteille à la mer que je jette, mais bien un jéroboam (Magnum) ! Cela fait plusieurs jours que je peine à trouver trois enseignants pour réaliser une mission en intérim. Si j’arrive déjà à en avoir un, je serais content. Pour le moment, on parvient à trouver une solution en interne pour poursuivre les cours. Mais si la situation ne s’améliore pas rapidement, on va droit dans le mur », confie ainsi David Pirson, le directeur de l’Institut St-Joseph à Jambes. Ce n’est pas faute d’essayer, mais les candidats sont rares. Autrefois, il y avait trop de professeurs et peu de demandes. Aujourd’hui avec le virus, les directeurs galèrent. 

« Quand on reçoit des candidatures spontanées et qu’on téléphone à ces personnes qui avaient postulé, elles sont déjà occupées ailleurs. Vu la situation sanitaire actuelle, entrer dans une école aujourd’hui, c’est presque certain d’y rester plus longtemps que quelques semaines », ajoute-t-il. 

Du côté des formateurs, on confirme que c’est un peu la panique en ce moment. Le marché traditionnel de l’emploi (Intérim) ne répond plus à la demande, les établissements se tournent directement à la source. « Le téléphone chauffe ! Ça n’arrête pas depuis quelques jours. Les directeurs sont perdus, ils essaient d’avoir des enseignants. En pratique, on ne peut pas vraiment les aider, car c’est interdit de donner cours quand on n’a pas encore obtenu son diplôme. Vu la pénurie et la situation actuelle, ce n’est pas compliqué de trouver un boulot dans l’enseignement aujourd’hui », nous dit-on du côté de la Haute Ecole Albert Jacquard. Sur le terrain, il n’est donc pas rare de voir des instituteurs(trices) de maternelle donner cours jusqu’en 5ème primaire. Une solution provisoire…ou pas.