Ils ont accroché une banderole géante au pont haubané de la future gare des bus, mais la police est très vite intervenue

Des militants namurois du mouvement Extinction Rebellion (XR) ont hissé mardi une banderole géante en-dessous du pont haubané qui servira de rampe d'accès à la future gare des bus de Namur. Ils accusent les autorités communales d'être complices des lobbies du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Mesurant plusieurs mètres, la banderole a été fixée en fin de journée, en prélude du conseil communal.

"Namur complice des lobbies du BTP, stop au béton dans nos villes et nos campagnes", pouvait-on y lire. Cela fait plusierus mois que les militants de ce mouvement qui réclame l'urgence climatique organisent des happenings en marge du conseil communal à Namur. Ce lundi, ils ont entamé une campagne d'affichage sur les panneaux publicitaires Decaux dans le centre ville.

© XR

Ce mardi soir, des policiers sont rapidement arrivés et ont interpellé cinq personnes liées à l'action. Une fois identifiées, elles ont ensuite été relâchées. "Elles risquent une sanction administrative pouvant aller jusqu'à 350 euros pour affichage sans autorisation", a expliqué Manu Leleux, directeur des opérations de la police namuroise. "Les pompiers ont aussi dû venir avec la grande échelle pour enlever la banderole. Une intervention dans les frais liés à cette opération pourrait donc être demandée."

Cette action de XR fait suite aux nombreux travaux entrepris depuis plusieurs années dans la capitale wallonne. Les militants ont notamment en ligne de mire le nouveau projet immobilier qu intègrera un centre commercial dans le centre-ville, en lieu en place du parc Léopold. "Selon le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, NDLR), plus de 50 % des leviers pour limiter le dérèglement climatique se situent au niveau local. La transition se pilote au plus près des territoires", a affirmé l'organisation namuroise qui compte de plus en plus de sympathisants et activistes.

"Nous demandons donc à la Ville de Namur de subordonner véritablement l'ensemble de sa politique à l'urgence climatique et socio-environnementale", a-t-elle ajouté, en appelant au vote d'une motion d'état d'urgence au conseil communal. Ce qui devrait être inscrit à l'ordre du jour le mois prochain.

Ce n'est pas la première fois que les militants namurois se font remarquer. En septembre dernier, ils avaient déjà été évacués du conseil communal, après avoir interrompu le débat relatif à la requalification du parc Léopold. S'en sont suivies de nombreuses actions de désobéissance civile, à chaque en fois en prélude au conseil communal. Ils ont, par exemple, déversé plusieurs mètres cubes de copeaux de bois devant l'entrée de l'hôtel de ville en octobre dernier, pour symboliser les abattages d'arbres sur le territoire namurois, trop nombreux et injustifiés selon eux. On se souvient aussi de leur appropriation du pont des Ardennes ou de la Citadelle de Namur pour sensibiliser à l'urgence climatique.