Elle engage un(e) chargé(e) de projets en city branding pour doper son attractivité, surtout commerciale.

Une offre d’emploi inhabituelle vient d’être éditée par la Ville de Namur qui recherche un(e) chargé(e) de projets en city branding. Une toute nouvelle fonction qui a pour but de doper l’attractivité urbaine et la dynamique commerciale de la ville, sous la houlette de l’échevine Stéphanie Scailquin.

Le city branding ou marketing urbain est une approche qui applique les techniques du marketing à la promotion et la valorisation des villes. Une sorte de déclinaison urbaine de la notion de marketing territorial.

"La promotion de nos commerces est réalisée, avec créativité - et reconnaissons-le des moyens limités - par GAU et les associations de commerçants. La promotion de notre statut de capitale et de ses opportunités internationales est pour sa part assurée par NEW. La séduction des touristes est la mission de l’office du tourisme (OTN). Mais en revanche jusqu’ici personne ne veillait à assurer une cohérence d’ensemble entre ces initiatives et à façonner une identité spécifique pour Namur notamment pour attirer de nouveaux talents ou habitants, de nouvelles entreprises, des étudiants, etc.", explique Maxime Prévot.

© Swijsen

"On parle de Namur capitale du réemploi, Namur capitale du développement durable, Namur capitale digitale, Namur terre de festivals, etc. Son identité est plurielle. En soi, c’est une excellente chose. Mais ça ne façonne pas une marque étendard forte. La signature de la ville doit être impactante et attrayante. L’enjeu est donc de travailler avec tous les acteurs de terrain à construire celle-ci de la même manière que le font I Amsterdam, I Love NY, Only Lyon, cOPENhague", cite le bourgmestre de Namur en exemple.

Le politique ne doit pas polluer le créatif

Si certains affirment que le city branding est passé de mode, François Bodarwé qui a observé l’identité territoriale - généralement faible - des 262 communes wallonnes estime que c’est une carte intéressante. D’autres analystes ajoutent qu’il est nécessaire de passer par une démarche de co-création avec les Namurois.

"Il s’agit de mettre en œuvre la participation citoyenne, au détriment d’une certaine souveraineté politique. Les enjeux de pouvoir et les luttes d’influence pèsent un poids considérable et viennent parfois polluer la démarche créative", met en garde Madeleine Dembour, stratège en communication d’entreprise.

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Le flop des 130 000 € de budget aux associations de commerçants

L’attractivité du commerce namurois est en baisse comme le nombre de cellules vides. Devant la colère des commerçants, la ville avait accordé fin 2017 une enveloppe de 100 000 € à l’association des commerçants namurois et 30 000 € aux commerçants jambois. Que sont-ils devenus ?

À Jambes, on a fait appel à une agence pour se donner une identité. Résultat : un joli site, une jolie page Facebook Jambes Commerce, mais pas grand-chose pour la suite. C’est vite parti, 30 000 €, quand on fait appel à des pros…

Même constat côté namurois. Une agence a pondu un beau logo, le nom Namur Envies, a fait imprimer des calicots affichés lors de quelques moments clés du shopping namurois. Mais voilà la mission terminée alors qu’on n’a pas vu de différence flagrante avec la mise en valeur sur le terrain et les réseaux sociaux par GAU ou l’application NConnect. Quant au résultat sur le chiffre d’affaires, on évoque le zéro absolu.