C’est avec une grosse boule dans la gorge que Nanou s’apprête à fermer les portes de son magasin d’impression de photos à Jambes. Entre colère, tristesse et incompréhension. « Une mesure abusive et discriminatoire, je n’ai pas d’autres mots » confie d’entrée Nanou Thiran. «Je n’accepte que deux clients à la fois et j’aurais pu me limiter à un seul si on me l’avait demandé. Il n’y a pas de restrictions de mobilité comme lors du premier confinement. Tout le monde peut se promener en rue mais je dois fermer. Je ne comprends pas la logique. » 
Comme tout petit indépendant, l’avenir est forcément teinté d’angoisse. «Je me suis lancée dans mon activité il y a trois ans à peine, il faut s’accrocher. Je ne prends plus de vacances depuis deux ans et je travaille 50 voire 60 heures par semaine. J’adore le contact avec mes clients et j’aime prendre le temps de leur expliquer le fonctionnement d’un appareil photo par exemple. Ce lien va me manquer. Je vais tenter de l’entretenir via les réseaux sociaux et gérer les commandes à distance. Pourrai-je rouvrir avant les fêtes ? Je l’espère, j’ai la chance d’avoir des clients fidèles mais attendront-ils la dernière minute pour leurs cadeaux ou les achèteront-ils en ligne ? » Difficile effectivement de rester optimiste.