Les plaidoiries ont débuté en milieu d’après-midi. Me D’agristina a fait peur de ses craintes au jury. "Ma grande peur est que vous le déclariez coupable sur base d’éléments incertains. Dès le début il a toujours présenté la même version aux enquêteurs. Il a toujours dit qu’il avait rencontré la victime pour réaliser une nouvelle expérience sexuelle. Alors qu’il avait le droit de garder le silence, il s’est toujours exprimé, peut-être mal, mais il l’a fait. Si il avait voulu tuer sa victime, pourquoi l’a-t-il liée ainsi ?"

Pour l’avocate, si les parties civiles et l’avocat général estiment que Meunier a étranglé Wauthier, personne ne dit comment il s’y est pris. Par ailleurs, "psychiatres et psychologues estiment que son discours et donc ses dénégations sont sincères et authentiques."

Me D’agristina a demandé au jury d’acquitter Lonnie Meunier du meurtre de Marie-Claire Wauthier. "Ses déclarations sont en rapport avec les éléments objectifs du dossier. Les éléments matériels relevés sur place, comme le fait qu’il ait coupé les liens retenant la victime sont conformes aux constatations. Il n’y a pas de traces de lutte sur place, ni de lésions de défense sur le corps de la victime. Les voisins n’ont pas entendu de cris ce soir-là. On peut aussi douter de son intention de participer au mécanisme qui a entraîné la mort de la victime, à savoir la façon dont elle était attachée. L’avocate générale évoque une pulsion sexuelle ? Pourquoi ne l’a-t-il alors pas assouvie plutôt que de tuer sa victime ? Ne faites pas de lui un meurtrier."

Me Molders-Pierre a notamment cité les psychiatres qui se sont penchés sur le cas de l’accusé. "Ils concluent qu’il n’est ni pervers sexuel ni sadique, mais qu’il a tendance oublier les précautions élémentaires et qu’il présente une faible résistance au stress. Ce qui concorde avec tout ce qui s’est passé et conforte la théorie de l’accident et la panique qui s’en est suivie."

Le conseil de Lonnie Meunier est revenu sur la notion du consentement de Marie-Claire Wauthier par rapport aux pratiques sexuelles qui sont au coeur de l’affaire. "Oui elle était consentante. Elle l’était et c’est elle qui était à l’initiative de ces pratiques. C’est elle en effet qui aborde dans leurs discussions par mail pour la première fois la notion de soumission, en précisant qu’elle accepte de se faire attacher les mains et les chevilles. Tous les liens utilisés et le bâillon viennent de chez la victime. De plus quand, lors de la reconstitution, on voit le temps qu’il faut pour installer tous les liens, il est difficile d’imaginer qu’elle n’était pas consentante au moment d’être attachée."

Me Molders-Pierre a encore relevé l’absence de mobile dans le chef de Meunier. Il est également revenu sur la cause de la mort de Marie-Claire Wauthier. "La suffocation, la strangulation, peut-être par un lien et l’asphyxie positionnelle sont évoquées. Mais de nombreux doutes subsistent quant à la cause exacte. Ils doivent profiter à l’accus