A partir de ce mercredi, l’enseignement pour les élèves du secondaire devra être obligatoirement dispensé à distance. Pour l’Institut de la Providence à Champion, cela ne posera aucun souci. «On avait anticipé cette mesure dès le mois de septembre » explique le directeur Olaf Mertens. « Nous avons formé nos étudiants à l’utilisation d’une plateforme numérique. Ceux qui ont été à un moment donné été placés en quarantaine y avaient déjà accès. Les professeurs avaient déjà pris l’habitude de donner aussi leurs cours en visioconférence. Tous les mercredis, on demandait aux élèves de réaliser des travaux à distance. Il faut savoir aussi que cela fait 6-7 ans qu’on crée une adresse mail pour les plus jeunes et qu’on leur apprend à utiliser un agenda numérique. »

Tous les professeurs ne sont pas nécessairement égaux devant les contraintes liées au numérique mais à ce niveau-là aussi, un encadrement a été prévu de longue date. «Nous avons des référents numériques qui ont donné des cours à ceux qui en avaient le plus besoin. Il existe aussi une belle solidarité et une entraide naturelle. » A distance, l’enseignement doit également évoluer. « Mettre des vidéos à la disposition des élèves est intéressant et ensuite, on peut prévoir des séances de question-réponses. C’est de la pédagogie inversée. »

L’Institut peut s’appuyer sur une enquête interne pour avoir certains apaisements. En son sein, il n’est pas question de fracture numérique. «96% des élèves disposent d’un PC à la maison et 99,9% ont une connexion Internet. Ceci dit, il est évident que dans les familles nombreuses, il est difficile de partager l’unique PC disponible. 75 IPad sont à la disposition de ceux qui en auront besoin. Nous avons aussi demandé si nos élèves bénéficiaient d’un espace privé pour suivre les cours à distance. C’est oui dans plus de 90% des cas. Nous sommes bien conscients que nous sommes des privilégiés. D’autres établissements devront pouvoir gérer le manque de ressources de leurs élèves et trouver des solutions. Ici, ce n’est que trois jours mais pour les écoles techniques et professionnelles, il faudra faire face à d’autres difficultés. »

Des cours à distance à…l’école

A l’Athénée de Jambes, on se prépare aussi à ces trois jours d’enseignement à distance. La directrice Cécile Geudvert n’a pas compté les kilomètres parcourus. «Rien que ce lundi, je suis parvenu à faire le tour des 38 classes » sourit-elle. «Les élèves de 1e et 4e secondaire ont chacun un Chromebook depuis le début de l’année scolaire et ils ont reçu une formation. J’en ai encore une dizaine en réserve et je dispose également de 48 tablettes. J’ai demandé qui n’avait pas de connexion internet à la maison et je les ai invités à venir à l’école. Cela représentera tout au plus une dizaine de jeunes sur les 500 que compte l’établissement. Ils suivront donc les cours à distance mais à l’école. Pour trois jours, cela ira, on s’est organisé mais il est évident que sur du long terme, ce ne sera pas tenable. Nous aurions indéniablement du décrochage scolaire. » Sans parler bien entendu de l’enseignement technique et professionnel qui demande un minimum de présentiel. «En bio-esthétique par exemple, chaque semaine, c’est 13-14 heures de cours pratique. Si dans le pire des contextes, les élèves ne viennent pas un jour sur deux à l’école, cela n’ira jamais. »