Il y a trois ans, en juin 2018, la Ville de Namur lançait sa plate-forme Opendata, qui permettait de valoriser de nombreuses données utilisées par les services communaux et faciliter leur accès, voire réutilisation, par les citoyens. Une centaine de jeux de données étaient alors disponibles. Trois ans plus tard, ce chiffre a triplé. "On est à 320 jeux de données, dont 160 sont consultables par le grand public", commente le bourgmestre Maxime Prévot. "Cela fait de ce portail informatique l’un des plus fournis du Royaume. Ces données que l’on récolte, on veut les rendre transparentes. Elles sont précieuses, il convient de les protéger pour que les décideurs locaux en fassent bonne usage."

Cette plate-forme d’Opendata peut paraître un peu floue. En réalité, elle regroupe une kyrielle d’informations qui sont quotidiennement mises à jour, dans différents domaines. Elle recense par exemple les informations relatives aux 35.000 sépultures de la commune, le nombre de plaines de jeux installées, etc. Depuis sa création un travail considérable a également été réalisé au niveau des données démographiques avec des cartes et listes de filtres pour accéder plus facilement aux données recherchées. L’Opendata recense désormais les statistiques des ménages depuis 1985, sur les 46 quartiers namurois, grâce à de nombreuses sources d’infos comme le registre national, les différents services communaux (cohésion sociale, travaux, voiries,…), etc. Environ 1.000 critères démographiques sont disponibles. "Combien sommes-nous à Namur ? (Ndlr : 111.561 en date du 17 juin), le nombre de ménage, l’âge moyen des habitants, etc. Entre 4.000 et.5000 personnes fréquente cette plate-forme par mois et ce chiffre est en constante augmentation car le nombre de sujets proposés augmente. Elle est utile à de nombreux profils", explique Samuel Nottebaert, de la Ville de Namur.

Toutes ces infos peuvent en effet être utiles au citoyen premièrement. "Un citoyen qui veut s’informer ou un comité de quartier qui veut défendre un intérêt", explique le professeur Michel Poulain, docteur en démographie. Elles intéressent également les responsables de l’administration communale pour étayer les dossiers mais aussi les politiques qui doivent prendre des décisions. "Les décideurs politiques peuvent par exemple se demander où installer une plaine de jeux. Via cette plate-forme, on sait premièrement où sont implantées les plaines existantes. On peut, via une carte, savoir où il y a une augmentation et une diminution des naissances, où il y a des couples enclins à avoir un enfant, etc. La commune n’a pas les moyens pour construire des dizaines de plaines. Ces données permettront de mieux cibler les besoins", poursuit Michel Poulain. "Un autre exemple avec les femmes qui vivent seules avec un ou plusieurs enfant(s). Cela peut engendrer des soucis si elle est active. Via les données, on sait où elles sont les plus nombreuses et donc où il faut mettre des soutiens en place. Idem pour les femmes de plus de 65 ans qui vivent seules, par exemple." Une évolution qui consolide Namur dans son rôle de Smart City.

Opendata : https://data.namur.be/pages/accueil/