Namur La traditionnelle messe en wallon a été l’occasion pour l’abbé Van Vynckt de s’amuser de la présumée lenteur des Namurois.

Il n’est pas encore neuf heures ce lundi matin que l’église dédiée à saint Nicolas se remplit rapidement. Les musiciens de La Musique royale de la Police de Namur et les choristes de l’Association musicale du Beffroi Notre-Dame accordent une dernière fois leur voix ou leur instrument tandis que l’abbé Bernard Van Vynckt, doyen de Marche, surveille discrètement les préparatifs.

À dix heures tapantes, l’église est bondée. Outre les membres du Comité central de Wallonie, des Molons, on reconnaît quelques personnalités politiques : le gouverneur de la province, le président du collège provincial, le bourgmestre de Namur, des échevins et beaucoup d’autres, venus assister à cette messe en wallon organisée en mémoire des combattants de 1830, 1914-1918 et 1940-1945. En hommage à Jean Denison, décédé en juin dernier. Décoré de la Gaillarde d’argent en 2001, ce musicien et professeur fut notamment chef d’orchestre de la confrérie namuroise des Molons et de la chorale des Chanteurs du Rail.

Parmi les prêtres, Philippe Masson, doyen de Florennes, qui participe pour la première fois à cette messe à Namur : "Je suis des cours de wallon depuis un an et donne une messe de temps à autre en wallon dans le village de Vodecée. J’ai découvert ici quelque chose de spécial, un esprit à la fois festif et de recueillement, un plaisir que les gens ont à se retrouver ensemble."

Le doyen retiendra aussi particulièrement la sortie de l’abbé Bernard Van Vynckt à propos de la lenteur présumée des Namurois : "Il paraît que les Namurois prennent deux à trois secondes de plus à démarrer quand le feu passe au vert. Vous croyez une pareille carabistouille ? Ce n’est pas un concours de menteurs, il faut arrêter. Et je ne vais pas évoquer ce que j’ai vu d’autre à la télévision, je risquerais des problèmes", a-t-il conclu avant d’évoquer le chantier de l’Enjambée, la passerelle cyclo-piétonne qui doit relier Jambes au Grognon. Il compare celui-ci, à cause de la lenteur des travaux, à un parking pour pigeons. C’est vrai que pour le moment, seuls les volatiles y trouvent place.

Avant de quitter l’église Saint-Nicolas, l’assemblé a entamé un vibrant "Bia Bouquet", l’hymne des Namurois.

LEF