Le nouveau polar de Francis Groff est arrivé en librairies.

Comme l’immortel détective belge Hercule Poirot, le bouquiniste-enquêteur Stanislas Barberian a le don de se trouver malgré lui et perpétuellement au mauvais endroit au bon moment : sur des scènes de crimes. Après Morts sur la Sambre en région de Charleroi et Vade retro Félicien dans le cœur de Namur, c’est à Binche, cité de Marie de Hongrie et du plus célèbre carnaval de Belgique, que le romancier Francis Groff confronte son personnage à sa troisième énigme : le massacre à coups de barre de fer d’un gille et de son tamboureur au petit matin d’un Mardi gras, autrement dit l’horreur absolue. Ça se passe dans une venelle à l’heure du ramassage. 

Depuis sa fenêtre, un témoin a le temps d’apercevoir la silhouette et le visage de l’assassin, drapé dans une cape noire et dépouillé dans la lutte avec une victime de son masque de cire. Le point de départ d’une aventure qui va entraîner les lecteurs bien au-delà du folklore. Inspiré par le réel, l’auteur se plaît à dérouler lentement le fil de son histoire comme celui d’une pelote de laine, avec un enchevêtrement de références sur les lieux qu’il explore pour les besoins de ses polars de la collection Noir Corbeau des éditions Weyrich. On a envie d’aller marcher sur ses pas. 

De nouveau, Francis Groff relève le défi : Orange sanguine, comme s’intitule son nouveau livre en clin d’œil à l’offrande du gille, fait écho à l’affaire Steinier dans les années 1980, et à l’univers des négriers de la construction dans la région du Centre. Entre mafia et exécutions sommaires, liaisons dangereuses et fraude organisée, entre tradition et hospitalité, suspense et rebondissements, l’énigme est intelligemment construite, ancrée dans le réalisme des traditions binchoues et le terroir wallon. Comme tout héros de polar, Stanislas Barberian a ses péchés mignons : là où Hercule Poirot aurait damné son âme pour une portion de crumpets carrés, le détective de Groff craque pour les livres rares et les voitures de collection. Il préfère le whisky au thé noir. Une nouvelle enquête à découvrir absolument.

Orange sanguine, éditions Weyrich, 200 pages, 17 euros.

D.A.