La Ville de Namur a entamé, dès 2019, avec la Fédération Wallonie Bruxelles, des discussions au sujet du site occupé par la Haute Ecole Albert Jacquard, rue des Dames blanches. Celui-ci représentait une opportunité de faire de Namur une ville plus verte et plus accueillante pour la biodiversité. Ce site, qui sera prochainement désaffecté, connaitra un nouveau souffle : un parc urbain de 7000 m², co-conçu, verra le jour en lieu et place de bâtiments scolaires vétustes, avec de l’amiante et permettant ainsi de procéder à son assainissement.

Les derniers accords entre Wallonie Bruxelles Enseignement (le propriétaire actuel du site) et la Ville de Namur, associée avec le BEP dans sa mission d’assistant à maitrise d’ouvrage, ont conclu que la procédure d’acquisition pouvait être lancée dès à présent ; cela permettra de pérenniser les aménagements prévus par la Ville sur ce site et à la Fédération WallonieBruxelles d'utiliser les fonds pour sa politique d'investissement. Il s’agit donc maintenant pour la Ville de Namur d’acquérir le site pour cause d’utilité publique pour un montant de 2.100.000€, en vue d'y créer un véritable parc public ouvert à toutes et tous. En parallèle, la Haute Ecole Albert Jacquard va quitter les lieux ; le déménagement prendra fin en juillet prochain, mettant de facto fin à l’occupation scolaire du site.

Début 2021, la Ville a reçu l’étude combinée (étude d’orientation et de caractérisation) suite aux essais de sols. Il en ressort que, pour une affectation de type « parc », l’ensemble des remblais qui recouvrent le site sont pollués. A présent, cette étude combinée va être étudiée par la Direction de l’assainissement des sols en vue d’approuver les recommandations. Le plan d’assainissement amènera sans doute de légères modifications du projet d’aménagement du futur parc en fonction de ces considérations.

Pour rappel, un processus participatif avait été mis sur pied afin de co-concevoir avec les habitant·e·s le plan d’aménagement du futur parc. Au total, 36 personnes au profil varié ont participé aux ateliers et ont permis d’avancer sur le dessin du futur parc. De plus, les enfants ont également été impliqués à travers un atelier créatif piloté par l’agence de concertation et orchestré par des enseignant·e·s volontaires de deux écoles proches du site (La Court’échelle et l’Institut Saint-Louis). Sur le thème « Imaginer le parc idéal pour les enfants », les élèves ont dessiné leur futur parc idéal, ce qui a permis de recueillir la perception et les envies des enfants autour de ce projet. Au terme de ces ateliers de co-construction et suite à l’analyse des différents dessins reçus, le bureau Impact a conçu un dernier plan d’aménagement. En février 2020, celui-ci a été présenté aux participant·e·s des 2 premiers ateliers et ils ont validé cette esquisse en la signant à l’unanimité.

Le projet du Parc des Dames blanches, prévoit ainsi d’être un lieu d’accueil à haute valeur biologique, favorisant la diversité d’habitats et de micro-habitats, ainsi qu’une diversité d’espèces. Pour atteindre cet objectif et s’assurer de la qualité dans la sélection des végétaux, l’aménagement végétal du parc a été réalisé en collaboration avec un biologiste et validé par le service Nature et Espaces verts de la Ville. Il est notamment envisagé : de planter des arbres hautes-tiges permettant l’accueil les oiseaux nicheurs, de Recourir à un mélange de graines régionales avec des espèces plus rares (primevères, géranium des prés, rhinanthe - permettant en plus la régulation des graminées), de réaliser des monticules sablonneux protégés du piétinement pour attirer les abeilles solitaires et certaines espèces plus rares que celles qui colonisent spontanément les hôtels à insectes. Mais aussi de choisir des essences indigènes rares (bois gentil, nerprun purgatif, cotonéaster et épine vinette indigènes, genévrier commun…) pour les haies et les arbustes.

Le permis unique qui comprend la démolition des bâtiments existants, les modifications du relief du sol et les aménagements de l’espace public en parc urbain, pourra être introduit début 2022 auprès de la Région, autorité compétente pour la délivrance du permis. Après la démolition des bâtiments et le désasphaltage, une couche de terre saine sera mise sur l’ensemble du site. D’une part, cela permettra de recouvrir les terrains légèrement pollués et d’autre part, d’offrir un substrat de qualité pour la mise en place des nouvelles plantations.