Namur Il dresse des constats et des recommandations : un outil précieux

La Commission d’avis et d’enquête réunie du Conseil supérieur de la Justice vient de boucler son rapport sur l’audit du changement réalisé au sein du Parquet de Namur. Il est le résultat de plusieurs semaines de travail sur le terrain, d’analyses et de plus d’une cinquantaine d’interviews. Il a été mené dans le contexte difficile de la fermeture du palais de justice de Namur. Début 2018, toute la chaîne pénale a été transférée à Namur tandis que la division de Dinant s’est spécialisée en matière de roulage.

L’audit, effectué à la demande expresse du Procureur du Roi Vincent Macq, offre un regard extérieur et critique sur la manière dont les changements et la réorganisation des divisions de Namur et Dinant en pôles de compétence ont été pensés et menés.

Différents points forts ont ainsi été mis en avant : une volonté et une culture du changement au sein du comité de direction, l’implication des magistrats et du personnel administratif ainsi que leur adaptabilité aux différentes évolutions du parquet, une communication interne continue et exhaustive au sujet de la réorganisation. Mais aussi : le soutien du comité de direction dans l’accompagnement au changement, la présence de profils complémentaires au sein du comité de direction, l’existence d’une vision à long terme pour le parquet de Namur, la capacité du comité de direction à revoir certaines de ses décisions et la prise en compte des aspects informatiques, organisationnels, légaux et judiciaires du changement.

Différents points d’amélioration ont par ailleurs été soulignés : les échanges d’information entre le parquet et ses différents partenaires, la formalisation de la politique criminelle au sein de l’arrondissement, la gestion des compétences et la formation des collaborateurs du parquet, le ciblage et la cohérence de la communication interne, le feedback au personnel et aux magistrats et l’évaluation des différents volets de la réorganisation. Sont aussi montrés du doigt : les processus de travail entre magistrats et collaborateurs administratifs, la valorisation des expériences passées du parquet de Namur en termes de réorganisation, la description de fonction des procureurs de division, la liberté de parole sur le lieu de travail tant pour les magistrats que pour les employés, l’évaluation des magistrats non-titulaires d’un mandat adjoint et l’évaluation du personnel administratif, la prise en compte du justiciable.

Si la construction du futur palais de justice, la standardisation des processus de travail au sein du parquet de Namur et l’uniformisation de la politique criminelle, l’acquisition de nouvelles compétences transversales pour les procureurs de divisions et les réorganisations opérées en parallèle par la Police et les Maisons de Justice sont perçues comme des opportunités, de nombreuses difficultés sont mises en avant.

Citons notamment : la mauvaise acceptation de nouveaux outils informatiques perçus comme obsolètes, l’absentéisme en général et la précarité des contrats de type cash-flow, la dégradation des conditions matérielles de travail, l’absence de plan de formation à long terme, l’hyperspécialisation des différents métiers du parquet, l’absence de données quantitatives et la multiplication des changements organisationnels sur une courte période.

JVE