Namur Des capsules vidéo ont été tournées ce matin à Natoye pour faire la promotion du secteur bovin wallon.

Le secteur de l’agriculture se porte mal en Belgique et en Wallonie, ce n’est un secret pour personne. Celui de la viande bovine pour lequel les chiffres montrent une tendance négative n’est pas épargné. "Entre janvier et juin 2019, en comparaison avec cette même période en 2018, l’importation de bovins a augmenté de 14 % et l’exportation a diminué de 22 %. Le nombre de bovins en Belgique a, lui, chuté de 25 % entre 2000 et 2017. Nous n’avons pas encore assez le réflexe de consommer local", explique le ministre wallon de l’agriculture Willy Borsus.

Ce constat est évidemment partagé par tous les éleveurs bovins wallons, dont fait partie Gauthier Baudoin, qui exploite avec son frère et ses parents la ferme familiale rue des Richots à Natoye. "Il y a quelques années, on avait encore de la demande pour les bovins. Le prix du kilo de carcasse (NdlR : la vache sans les abats, la peau, etc.) était de 5,30-5,40€/kg. Sur une bête de 850kgs, il faut compter 65 % de carcasse. Désormais, le prix est de 4,60€/kg. Avant, cela nous permettait au moins d’amortir nos différents coûts. On a déjà essayé de passer par des coopératives pour éviter les nombreux intermédiaires et au bout du compte, rien ne se passe."

Ce mercredi matin, une dizaine d’éleveurs wallons étaient présents au sein de leur exploitation familiale pour tourner des capsules vidéo qui vont permettre, parmi d’autres actions menées par l’Apaq-W (L’agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité), de redorer le blason du BBB (blanc, bleu belge). "Le cameraman et le réalisateur sont arrivés vers 9h00. Ils ont fait des prises de vue dans les prairies puis, vers 10h00, les autres éleveurs sont arrivés. On a tourné des séquences dans lesquelles on nous verra donner le biberon aux veaux, les repailler, être dans leur enclos avec les enfants, retirer le fumier, etc. Le but est d’expliquer au consommateur qu’il faut manger local et arrêter de dénigrer nos produits", explique Gauthier Baudoin.

Au-delà du désintérêt des Belges pour la viande wallonne se pose également un problème de rémunération. Le danger, si rien ne change, est de voir le secteur bovin continuer à décliner, voire disparaître. Vu les difficultés rencontrées, les exploitants de la ferme Baudoin n’ont par exemple pas caché avoir déjà pensé à se tourner vers un autre type d’agriculture et de produit.

Les capsules vidéo tournées ce mercredi seront quant à elle diffusées cette semaine et la semaine prochaine sur la RTBF, RTL et sur les réseaux sociaux.

S.M