L'ASBL "Les Grignoux" qui gère plusieurs cinémas dont le Churchill à Liège et Caméo à Namur, s'occupe également de trois établissements horeca qui ont été contraints de fermer le 19 octobre dernier, la brasserie Sauvenière, le Caféo et le Café le Parc. Au total, 35 travailleurs fixes sont employés dans ces établissements. Pourtant ils n'ont droit à aucune aide du gouvernement wallon.

"Lors de la première vague, nous n'avons pas eu droit aux aides promises par le gouvernement parce que nous sommes une ASBL", explique Stéphanie Croissant, administratrice déléguée de l'ASBL. Elle poursuit: "Le décret qui définit qui peut bénéficier des aides du gouvernement date de 2004 et exclut les ASBL.

Lors de la première vague, nous avons envoyé plusieurs courriers au gouvernement wallon et au parlement qui sont restés sans réponses. Des parlementaires ont alors interpellé le ministre wallon de l'Économie Willy Borsus sur la situation des établissements comme le nôtre. La première fois, le ministre a répondu que nous devions nous adresser aux autres niveaux de pouvoirs dont nous dépendions. Mais dans notre cas, on voit mal à qui on pourrait s'adresser si ce n'est au gouvernement wallon". À l'occasion d'une seconde interpellation sur le sujet, le ministre Willy Borsus a répondu qu'il allait réfléchir à la question, explique Stéphanie Croissant, mais depuis plus rien.

Dans une publication postée sur Facebook, "Les Grignoux" indiquent: "Bien que gérés par notre ASBL, nos établissements horeca fonctionnent de façon distincte de nos activités culturelles, ne bénéficient d'aucune subvention, ont toujours été financés à 100% sur fonds propres et emploient des travailleurs d'une commission paritaire distincte (CP 302 horeca). Rien ne justifie cette injuste mise à l'écart. ASBL ou pas, notre activité comporte autant de risques financiers que si elle était gérée par une société commerciale".

Une situation que d'autres ASBL rencontrent également. "Il y a énormément de structures comme la nôtre qui se retrouve dans une situation similaire. Nous souhaitons qu'elles se manifestent. Bien sûr, ces aides ne nous sauveront pas, 9.000 euros, c'est une somme dérisoire par rapport aux pertes encourues, mais ça nous permettrait de limiter la casse", clôture l'administratrice déléguée.

Sur Facebook, "Les Grignoux" ont directement interpellé au travers de la publication Elio Di Rupo, Christie Morreale et Philippe Henry, mais ils n'ont pas l'intention d'en rester là. De nouveaux courriers seront envoyés prochainement