On abandonne l'ouverture d'une baie et on va consulter pour décider comment reconstruire la maison.

Le public s'est déplacé en nombre ce lundi soir au conseil communal de Walcourt, venu principalement à l'invitation de SOS Patrimoine Walcourt. On devait évidemment débattre du projet de démolition avancé par la ville de ce bâtiment classé situé dans le bas de la Grand-Place et dont l'arrière fait partie intégrante des remparts de la ville. Pour rappel, la façade arrière de la maison se désolidarise de l'ensemble avec, selon des experts consultés, un risque d'effondrement surtout quand l'eau et le gel feront leur œuvre au cours de l'hiver. Par mesure de précaution, les autorités communales avaient donc décidé de démolir ce bien racheté en 2009 pour 69 000 euros et comptaient solliciter l'avis de l'Agence Wallonne du Patrimoine pour décider de l'avenir du site.

Ce lundi, une interpellation citoyenne a été présentée par Yannick Lucas pour l'association SOS Patrimoine Walcourt : "En votre qualité de gestionnaire communal cela ne vous pose-t-il pas un problème d'annihiler le patrimoine classé de Walcourt ? Pour étayer votre décision vous vous basez sur certaines études. Les bureaux d'études consultées sont-ils neutres et impartiaux ? Au moins une étude, certainement la plus sérieuse, propose la rénovation plutôt que la démolition. Cette solution ne serait-elle pas moins onéreuse pour le contribuable et plus respectueuse du patrimoine ?"

Interrogation appuyée par la conseillère communale indépendante Anne Gouverneur qui craint en plus un effet domino que pourrait entraîner cette démolition : "La Tour, reconstruite de façon plus "légère" qu'à l'origine, va-t-elle tenir toute seule ? Et pire, la voûte médiévale, après avoir subi les affres du temps, ne risque-t-elle pas lors de la démolition que la chute incontrôlée de quelques pierres ne lui soit fatale ?"

Le débat a été évidemment animé. Mais le plus intéressant est certainement le revirement de la ville. On ne parle plus de laisser un espace vide, explique Philippe Bultot, échevin de l'urbanisme : "Oublions l'ouverture d'une baie après démolition comme en effet cela a été évoqué lors d'une réunion de commission en juillet. Nous pensons en effet, après un premier avis de l'Awap qu'il est en effet préférable de reconstruire si démolition il doit y avoir. Nous continuons le projet de maison des associations avec les subsides prévus". L'échevin conclut : "C'est la proposition que nous faisons ce soir. Rien ne sert d'être divisés, nous avons la même vision, le même objectif, nous devons les partager".

Une interpellation citoyenne

Yannick Lucas, pour le collectif SOS Patrimoine Walcourt interpelle le conseil communal. Ma question est la suivante : En votre qualité de gestionnaire communal cela ne vous pose-t-il pas un problème d’annihiler le patrimoine classé de Walcourt ?

Pour étayer votre décision vous vous basez sur certaines études. Les bureaux d'études consultées sont-ils neutres et impartiaux ? Au moins une étude, certainement la plus sérieuse, propose la rénovation plutôt que la démolition. Cette solution ne serait-elle pas moins onéreuse pour le contribuable et plus respectueuse du patrimoine ?

Je suis natif de Walcourt, cela fait donc près de 33 ans que je parcours ma ville, ses ruelles et ses remparts, c'est pour ce patrimoine que Walcourt est reconnu et visité par les touristes et amoureux d’histoire de la région. Mais qu'en sera-t-il si vous continuez dans la décision d'abattre cette maison qui chevauche plusieurs périodes de l'histoire et qui est sur l'un des sites les plus remarquables de notre Ville ? Alors quand je remonterai la Grand-Place, j'aurai un trou béant face à moi et cela sera un spectacle désolant pour toutes les personnes de la ville et les touristes qui sont là pour découvrir notre cité.

Amputer Walcourt d'un des trois sites classés de la localité, site qui devait être une vitrine en termes de rénovation, car c'est bien de cela dont il s'agit, cette maison devait être sauvegardée pour devenir un modèle de rénovation du patrimoine afin de restituer à ce lieu historique son caractère originel. Walcourt, perle de l'Entre et Sambre et Meuse, à qui on arrache petit à petit son patrimoine comme de vilaines dents.

J'écris des scénarios dans lesquels souvent je fais l'éloge de ma ville, de son histoire, de ses traces, de son bourg fortifié, Que restera-t-il à montrer et comment encore imaginer la grandeur de ce que furent Walcourt et son patrimoine d'hier lorsque vous aurez terminé votre œuvre funeste ?

Depuis mon adolescence je cherche des documents anciens, des croquis, des notes pour connaître l'héritage de notre belle ville dont l'histoire intéresse aussi les personnes qui la visitent. Un jour, je devais avoir 17 ans, un de mes collègues de travail frontalier me ramenait chez moi. Arrivé sur le haut de la rue de Fraire, il vit au loin le clocher de la Basilique dans la brume, il était ébahi. "Que c'est beau", me dit-il, "On dirait le château de la Belle au Bois Dormant". Ce genre de réaction rend fier les gens de la commune qui, comme moi, aiment et étudient l'histoire de la ville ; c'est l'effet que ça m’a fait. Une fois arrivé, il est venu visiter la ville, j'ai pu lui montrer les remparts, les vues du reste des tours, la ruelle frère Hugo avec la voûte, la tour (avant votre médiocre restitution) et nombre de détails dont l'arrière de cette maison qui fait partie intégrante de ce lieu. J'ai eu droit aux mêmes réactions de la part de personnes qui sont venues vivre à Walcourt tellement ils étaient sous le charme de notre jolie bourgade.

Que faites-vous de cette fierté ? Vous qui durant la période électorale, tant PS que MR, avanciez l'idée de prendre ce dossier de valorisation des remparts à bras-le-corps ? Aujourd'hui, une fois élus, votre seule proposition est de le faire tout simplement disparaître ! Vous laissez donc les habitants en plein désarroi, tout comme nous l'avons été lors des travaux effectués sur la tour du même site. Il va de soi qu'au regard de travaux, dirigés par le collège en 2013 lors de la pseudo-restitution de la tour digne d'un décor de « Walc Disney », nous n'avons plus confiance en vos capacités de restitution à l'identique que vous pourriez faire de l'immeuble disparu après démolitions.

Vous motivez votre décision de démolir par l'urgence en raison de risque imminent d'accident. Le propriétaire d'un bien qui possède une habitation patrimoniale et qui la laisse lentement se détériorer en toute indifférence peut-il décemment invoquer l'urgence de démolir son bien, nous pensons que non ! Quant aux rapports d'expertise avancés, ils semblent manquer des éléments essentiels qui pourraient conduire à la conclusion que ce bâtiment est instable. En effet, comment pouvez-vous interpréter un quelconque problème de stabilité alors que ces rapports n'établissent ni les causes ni l'amplitude des mouvements des maçonneries ?

Selon nous, ces rapports sont totalement indigents et ne peuvent à notre avis servir à justifier la décision irrémédiable, qui vous permettrait de vous débarrasser d'un dossier devenu trop gênant. Dans la perspective de sauvegarder ce bien, notre collectif citoyen a sollicité les avis éclairés de plusieurs spécialistes du patrimoine. Leur analyse est sans équivoque, l'épinglage des façades réalisé en 2019 peu avant La Trinité est de nature à sécuriser une façade qui à vrai dire ne représente pas de réels risques d'écroulement. On peut donc considérer que le bâtiment n'est pas dangereux, et que les éléments techniques mis en œuvre garantissent une sécurité optimale de l’ouvrage, ce qui permettrait de réaliser toute opération de maintenance du bien avec un maximum de sécurité.

Nous sommes bien conscients que ces interventions de maintien demandent que la ruelle reste fermée et sécurisée durant les travaux à mener pour éviter tout risque éventuel d'accidents comme il en serait, par ailleurs, de mise à bon nombre d'endroits, tels dans la ruelle sous le château où bizarrement le collège ne prend aucune mesure de sécurité malgré un rempart qui s’écroule lentement mais sûrement.

Si nous sommes présents aujourd'hui face à vous, c'est aussi pour vous proposer une solution qui serait de nature à conserver le bâti en place et par là même sa valeur historique. Les différentes réunions de chantier ont fait germer une idée au sein du collectif, celle de requérir l'expertise technique et scientifique de l'agence du patrimoine pour réaliser un relevé 3d des structures intérieures et extérieures du bâtiment. Ses données permettraient alors à des ingénieurs en fin de cycle de nous faire des propositions concrètes en termes de sauvegarde des structures. Notre proposition s'appuie sur un partenariat à peaufiner avec M. Laurent Van Parys, Ingénieur civil au département mécanique des structures « facultés polytechniques « U Mons » qui s’est montré intéressé par cette étude de cas.

En conséquence, nous sollicitons de votre part de mettre un terme à la démolition pure et simple de ce lieu historique et de nous permettre de poursuivre notre projet de sauvegarde avec le concours du collège et de ces experts du bâti patrimonial.

Enfin, nous soulignons que le respect et la sauvegarde du patrimoine ne dépendent pas de votre seul avis, mais avant tout des citoyens et des organismes de protection d'état et autres structures de recherches historiques que nous avons sollicités et dont nous attendons encore pour certains d’entre-deux les avis. Nous pouvons toutefois dire haut et fort que tous les professionnels contactés nous ont confortés quant au bien-fondé de notre action de sauvegarde. La transmission du patrimoine est un devoir pour les générations futures et il nous apparaît que les pouvoirs publics doivent être des modèles en la matière !

S'il vous plaît, rendez à cette ville et ses habitants leur fierté, n'en sacrifiez pas leur âme ! Car il est clair qu'à mener pareils projets destructeurs, Walcourt ne vaudra bientôt plus que le détour.

Interpellation d'Anne Gouverneur, conseillère communale indépendante

Lors du dernier Conseil communal comme vous le savez tous et comme vient de s’exprimer Yannick Lucas à ce propos, il a été décidé de procéder à la démolition de la maison dite « Solbreux » qui, je tiens à le rappeler, se situe sur l’angle de la Grand-Place (et donc sur le périmètre protégé de la Grand-place) et de la Ruelle Frère Hugo, site classé.

J’aimerais à ce propos vous poser à nouveau quelques questions à ce sujet puisque seul le Collège a pu réagir à cette interpellation citoyenne, et pas nous, conseillers. Je tiens à insister sur le fait que j’aurais vraiment préféré vous poser ces questions le mois dernier, mais nous ne disposions pas de suffisamment d’éléments lorsque la décision de démolir le bâtiment a été prise.

Premièrement, comme je viens de le dire, je regrette vivement que nous n’ayons pas eu le temps nécessaire pour pouvoir analyser correctement le dossier. Un mail envoyé le vendredi 23 août à 14 h 42 nous informait en quelques lignes seulement de l’ajout de ce point. Personnellement je n’en ai pris connaissance que 4 heures avant le Conseil (faute sans doute d’avoir voulu me déconnecter quelques jours). Ce mail invoquait l’option de la démolition comme étant la solution la plus en accord avec les moyens budgétaires.

Or il s’avère que tout d’abord, le rapport du bureau INASEP présente des manquements quant à l’origine des désordres du bâtiment qui justifieraient une éventuelle démolition (aucun monitoring pour les fissures, pas d’analyse de l’état des charpentes,…). Le rapport du bureau d’études ABEL (daté du 17 juillet 2019) quant à lui préconise deux axes :

• la rénovation ou

• la démolition et reconstruction.

Ce n’est pas tout à fait comme cela que l’on nous a présenté les choses. On nous a juste fait paniquer en invoquant le danger, et en orientant délibérément le vote pour que oui, bien sûr on vote pour la démolition, la sécurité des citoyens primant !

On invoque l’urgence le 29 août 2019, alors qu’on reçoit plus tard un rapport de la commission Tourisme qui, réunie le 18 juillet, a déjà tout un beau projet pour l’endroit : une belle esplanade avec vue sur le côté ville basse de Walcourt (« Les spécialistes conseillent d’abattre la maison Solbreux pour raison de stabilisation et ainsi on pourrait y faire une belle ouverture qui donnerait sur le bas de la ville et créerait un endroit scénique », cf. le rapport de ladite commission), mais ça, on ne l’évoque pas lors du Conseil Communal !

Ensuite, la Maison de l’Urbanisme de l’arrondissement de Philippeville qui a eu vent de l’affaire s’est penchée sur le sujet. Cédric Leclerq, son chargé de mission, a remis un rapport après s’être rendu plusieurs fois sur place, et précise, je le site : "notre analyse permet de conclure que ce bien du XVIIe siècle qui contribue à l’esthétique générale du site et qui par ailleurs présente un des derniers pignons en épis de la ville, ne présente pas de danger d’éboulement imminent (étant étançonné provisoirement) mais au contraire peut tout à fait être restauré et permettre ainsi une belle valorisation du site classé (ce qu’indique le rapport de la société ABEL comme étant une des deux solutions avec la démolition) ».

Ma première question sera donc : confirmez-vous que les rapports proposaient bien la rénovation ou la démolition + la reconstruction ?

Un architecte de l’Agence Wallonne du Patrimoine ainsi qu’un professeur d’université, ingénieur en construction et stabilité, ont accepté bénévolement de se rendre sur place il y a 15 jours et vont dans le même sens. Monsieur Y. Lucas en a parlé dans son intervention. Ces trois avis donc, sont en totale contradiction avec le rapport de l’INASEP.

De plus, lors de ce vote précipité, les autorités en charge du patrimoine (Agence Wallonne du Patrimoine) n’avaient toujours pas remis leur avis sur la question. Normal, puisque vous leur avez adressé un courrier la semaine où vous avez décidé d’invoquer l’urgence pour ce point.

J’ai appris qu’ils étaient venus la semaine dernière. Ma deuxième question sera donc : avez-vous déjà eu un retour de leur part ?

Vous avez estimé le coût de la démolition à 150 000 € approximativement. Je ne pense pas hélas que ce montant inclut tous les avenants qui vont être facturés à notre chère commune et à ses contribuables : d’où, ma troisième question : qu’en est-il de la reconstruction de nouveaux pignons (isolés qui plus est) pour les deux maisons voisines par exemple ?

Et enfin, ma dernière question : ce qui me taraude le plus, c’est l’effet domino que pourrait entraîner cette démolition. La Tour, reconstruite de façon plus « légère » qu’à l’origine, va-t-elle tenir toute seule ? Et pire, la voûte médiévale, après avoir subi les affres du temps, ne risque-t-elle pas lors de la démolition que la chute incontrôlée de quelques pierres ne lui soit fatale ? Et je ne vous parle même pas de l’Office du Tourisme…

Au vu des différents éléments cités ci-dessus, j’aurais voulu proposer que mes collègues conseillers puissent avoir la possibilité de revoter le point, ayant maintenant plus de cartes en main, mais malheureusement, novice en politique, je n’ai pas rendu une demande en bonne et due forme, et les délais impartis pour ce faire devenaient trop courts. J’aurais aussi voulu que ce vote soit secret, étant donné la tension que ce dossier implique, et ce afin que chacun puisse voter en son âme et conscience… de Walcourien ou d’amoureux du patrimoine. Mais un vote secret ne peut s’appliquer pour ce genre de sujet. Je le regrette d’autant plus que certaines personnes qui ont voté dans l’urgence pour la démolition, me disent en catimini regretter aujourd’hui cette décision.

Concernant le recours au SPW, département des Politiques publiques locales que j’ai introduit pour demander que l’on remette le vote à l’ordre du jour, je tenais à informer mes collègues conseillers que j’ai reçu ce vendredi un courrier du SPW me faisant savoir avoir demandé des compléments d’informations à la Ville. On verra donc la suite qui sera réservée…

Je ne vais pas embrayer sur le sujet houleux de la gestion des autres biens communaux, même si le sujet est étroitement lié et si l’envie ne m’en manque pas,… mais le cas échéant, on est parti jusqu’à l’aube! 115 bâtiments communaux d’après le rapport de la Commission Tourisme, dont vous avez idée « d’en vendre certains qui sont à l’abandon pour pouvoir acheter autre chose »(sic). J’ose espérer que dans le futur, vous gérerez cela « en bon père de famille » afin que l’on n’arrive plus à des solutions extrêmes comme aujourd’hui.

Pour terminer, je vous invite bien évidemment à prendre les mesures efficaces qui s’imposent pour empêcher toute circulation dans la rue, il en va de la sécurité de nos citoyens.

Réponse de Philippe Bultot à l'interpellation citoyenne de Yannick Lucas

Vous êtes fiers du Patrimoine de notre Entité et en particulier de Walcourt et de ses différents sites classés : la Basilique, la Porte d'entrée de l'ancienne Abbaye du Jardinet et de l'assiette de la ruelle Frère Hugo ainsi que les façades des immeubles construits en bordure de cette artère. Eh bien, nous aussi nous en sommes fiers.

Vous trouvez que mettre en valeur les remparts de notre cité est une bonne idée. Nous aussi, nous l'avons mentionné dans notre Note de Politique Générale et avons répondu à un appel à projet pour valoriser nos remparts auprès de Charleroi Métropole.

Concernant le bâtiment Solbreux, vous faites référence aux deux études réalisées concernant la stabilité du bâtiment. La première étude : Inasep est sans équivoque et je cite "prévoir dans un bref délai la démolition de ce bâtiment. Cette démolition est imminente... " Interpellé par ce rapport, le Collège a souhaité avoir une contre-expertise et a lancé un cahier de charge auquel a répondu la société Abel. Ses conclusions : le bâtiment devrait faire l'objet de travaux ou de démolition dans les plus brefs délais car la ruine d'un élément pourrait entraîner sous effet domino la ruine de l'ensemble.

Vous devez reconnaître que dans les deux rapports on parle d'urgence puisque les termes "imminent, les plus brefs délais" sont évoqués avec d'un côté "démolition" et de l'autre "objet de travaux ou de démolition en précisant que la rénovation est envisageable mais que les mesures à prendre sont tellement lourdes qu'elles entraîneront un coût démesuré pour ce type de bâtiment. La démolition et sa reconstruction semble ici le compromis budgétaire le plus avantageux."

Le collège, après avoir pris connaissance de ces deux rapports prend donc la décision de proposer un point en urgence par mesure de précaution au conseil communal de fin août pour un cahier spécial de charge de démolition en précisant qu' en parallèle nous allons faire appel à Agence Wallonne du Patrimoine afin d'avoir son avis. C'est de toute manière une obligation. Nous précisons également que l’adjudication de la démolition ne se fera pas sans connaître les conclusions de l'Awap. De plus, et vous êtes bien informé, puisque la maison Solbreux fait partie d'un site classé, nous devons demander un permis d'urbanisme et nous venons également de l'apprendre, d'une procédure de certificat de Patrimoine.

Nous avons rencontré l'Awap. Mr Tilmant est venu sur les lieux le 23 septembre et nous a envoyé un premier rapport de visite le jeudi 26 septembre. Ses conclusions : l'ancienneté du bâtiment justifie qu'il soit étudié avant toute transformation ou démolition.

Voici les actions que l'Awap préconise :

1. L'analyse de la charpente par l'IRPA - Bruxelles

2. Pour toute une série d'études nécessaires , propose de faire visiter le bâtiment par des personnes travaillant à l'Awap, c'est à dire une archéologue du bâti, un responsable sécurité, un expert en contexte historique, un responsable inventaire, une architecte et un expert en photogrammétrie.

Nous suivrons bien évidemment les recommandations de l'Awap.

Oublions l’ouverture d'une baie après démolition comme en effet cela a été évoqué lors d'une réunion de commission en juillet et lors de la demande par mail le 23 août à l’Awap afin de les rencontrer en informant que nous souhaitons laisser un espace ouvert après démolition. Vous voyez que je ne vous cache rien. Nous pensons en effet, après un premier avis de l'Awap qu'il est en effet préférable de reconstruire si démolition il doit y avoir. Nous continuons le projet de maison des associations avec le subside du CGT via le PCDR (Plan Communal de Développement Rural).

Comme je vous le disais au début de ma réponse, de nouveau, nous sommes pratiquement du même avis.

Nous proposons, aujourd’hui, puisque c'est de l’intérêt de tous , d'essayer de trouver ensemble les meilleures solutions pour la valorisation et la sauvegarde de notre Patrimoine, de créer un groupe de travail ou de pilotage reprenant des membres du collège, du conseil communal et/ou commission Patrimoine, des représentants de votre collectif, la Maison de l'Urbanisme (probablement un peu oubliée dans ce dossier mais il n'est jamais trop tard) et d'autres experts si nécessaire pour suivre l’évolution du dossier et notamment des études proposées par l'Awap.

C'est la proposition que nous faisons ce soir, rien ne sert d'être divisés, nous avons la même vision, le même objectif, nous devons la partager.

Réaction du Collectif SOS Patrimoine Walcourt

Peut-on parler d’une belle victoire dans la lutte pour la préservation du patrimoine local de Walcourt?

Sur la forme, certainement que oui, puisque près de 450 personnes ont soutenu l’action du collectif et près de 1 citoyen sur 10 parmi ceux-ci sont venus épauler l’interpellation du collège lors de la séance du conseil communal de ce lundi 30 septembre. Qu’ils en soient remerciés.

Sur le fond, nous pouvons également être satisfait des réponses du collège puisque tel un vieux chat goinfré de croquettes, il s’est réveillé aux cris de la population pour faire une jolie pirouette et retomber sur ses pattes en essayant d’expliquer qu’il n’était pas question de faire disparaitre ce bien patrimonial.

A entendre les explications de M. Bultot, nous sommes tous d’accord. Et d’ajouter « oublions le projet de création d’un espace ouvert au bas de la place tel qu’évoqué en juillet, l’esplanade Solbreux » ne verra pas le jour ! Cette fois, « nous sommes conscients qu’il faudra reconstruire après démolition, donc, continuons le projet de maison des associations ». Avec un tel retournement de situation, comment ne pas une nouvelle fois penser à l’image de ce vieux chat repus qui se réveille en sursaut et qui, encore tout groggy se met en marche sans trop savoir où il va finalement aller se reposer ?

Si le projet du collège de démolir et reconstruire est mené à son terme, le cout pour la population sera 5 fois plus lourd que l’option rénovation qui pourrait être largement subventionnée par les aides régionales. En effet, à l’estimation de 150.000 euros de travaux en vue de la démolition du bâtiment, il faudra ajouter la construction d’un nouveau pignon isolé déjà promis au propriétaire voisin, disons 70.000 euros, assurer l’étanchéité de sol du bâtiment attendu que son sous-sol appartient également au voisin, disons 10.000 euros, pour ensuite devoir reconstruire un immeuble qui devrait avoir une allure médiévale soit 400.000 euros au bas mot ce qui porterait la facture poche des citoyens à plus de 600.000 euros. A ce cout, il faudrait encre ajouter une perte irrémédiable sur le plan historique et archéologique qui resterait inestimable pour les générations actuelles et futures. Restons par conséquent vigilants, seule la piste d’une rénovation exemplaire nous parait la solution à soutenir, tant en termes de cout que de préservation de l’histoire locale ! Gageons que les études des services du patrimoine corroboreront notre option de sauvetage du lieu.

Une grande avancée est à relever, celle de la concertation entre les mandataires, les experts et la société civile représentée par notre collectif, voilà la proposition faite par le collège après avoir pris connaissance de notre interpellation et après avoir reçu un premier rapport de l’AWaP. Ce rapport des services du patrimoine indique clairement qu’en raison de l’ancienneté du bâti des études sérieuses devront être menées avant tout projet d’intervention sur l’immeuble.

Nous saluons donc cette volonté de rassembler autour du projet mais nous ne sommes pas dupes, en 2009 déjà, lors de l’acquisition du bien un tel comité avait déjà été mis en place dans le cadre de la commission qualité de la vie et un archéologue du bâti des services du patrimoine nous avait déjà apporté ses premières réflexions en la matière. L’inacceptable avait néanmoins été réalisé puisque la tour avait été démolie et restituée de manière lamentable.

Notre collectif répondra donc favorablement à cette proposition de collaboration afin d’assurer un encadrement attentif à ce dossier pour que l’intérêt collectif soit préservé.