Namur En 1969, Evelyne Axell est la première femme à recevoir le Prix de la Jeune Peinture belge

Evelyne Axell laisse une œuvre incroyablement riche. Les salles d’exposition du Delta (Maison de la Culture) s’inaugurent avec une manifestation d’envergure qui réunit tableaux, dessins préparatoires, collages et documents inédits qui témoignent des méthodes de travail de l’artiste.

Ils permettent d’explorer ses procédés particuliers dont ses expérimentations avec le Plexiglas, le Clartex, la peinture émaillée pour voiture ou encore la fourrure synthétique.

Inspirée par son époque, Axell puise son iconographie dans les films, les magazines féminins, les revues érotiques. Pour la plupart de ses compositions, elle met en scène son propre corps à travers des autoportraits photographiques qui lui servent de base de travail.

Pour cette expo, pas moins de 17 œuvres inconnues jusqu’ici sont dévoilées, découvrant les prémices de son travail plastique. Ses collages datant de 1964, jamais exposés auparavant, trahissent notamment l’influence des artistes pop anglais (Pauline Boty, Peter Phillips, etc.).

Par son style et son imagerie, Axell s’inscrit sans détour dans l’esprit du Pop Art, tout en adoptant une position ouvertement féministe. À l’instar d’autres artistes emblématiques (Andy Warhol, Martial Raysse, Derek Boshier, Antony Donaldson, etc), Axell a su synthétiser les bouleversements d’une époque : libération de la femme, avènement de la société de consommation, révolution sexuelle… tout en instituant ses propres références.

Si ses premières œuvres, datées de 1964, très influencées par le Pop Art sur lequel son mari a réalisé trois films, restent relativement confidentielles, elle connaît, dès 1965, un certain succès auprès de collectionneurs belges et obtient une première reconnaissance officielle de son talent par une mention au Prix de la jeune peinture belge, en 1966.

Ses œuvres commencent à voyager hors de Belgique, dans le cadre de grandes expositions collectives. Lorsqu’arrive Mai 68, elle est aux premières loges. Avec Marcel Broodthaers, elle occupe le palais des Beaux-Arts et participe aux assemblées libres. Elle entame son grand triptyque Le Joli Mois de mai, ode à la fois aux contestataires parisiens et au mouvement hippie, qu’elle ne terminera que deux ans plus tard.

M.V.