Namur Elle s’appelle "L’Empreinte belge" et est fabriquée en province de Namur avec du houblon local et des panais non calibrés.

Heloise Richard, qui a ouvert à Namur la boutique "L’Empreinte belge" il y a plusieurs années, a toujours eu l’envie de lancer une bière dans son projet d’entreprise. "Il y a deux ans, on a créé un tote bag, l’an dernier c’était notre mélange de thés (poire/pomme/spéculoos) et cette année-ci, c’était la bière", explique la commerçante et amatrice de bières belges artisanales.

Le timing de la sortie de sa bière particulière correspond à une conversation lors d’une soirée avec Michael Vermeren, zythologue qui a goûté pas loin de 10 000 bières et donne notamment des coursau Cefor. "Il avait la brasserie de Franchimont (qui fabrique notamment La Chinelle) et la connaissance pour équilibrer la recette d’une bonne bière, donc on a commencé à réfléchir à un ingrédient qui rappelle la boutique."

Le produit répond aux valeurs de "L’Empreinte belge" : la fabrication locale (Philippeville), le circuit court (un houblon des lacs de L’Eau d’Heure), une étiquette réalisée au musée de la bière à Lustin… Et une véritable alternative à ce qu’on trouve dans les supermarchés. Mais d’où vient l’idée du panais ?

"J’ai tout de suite pensé à utiliser un légume plutôt qu’un fruit. Pour un brassin cet automne et cet hiver, le panais était local et de saison. Les spécimens qui entrent dans la composition de la bière proviennent d’une assez grosse production de Gerpinnes (35 km de Namur), mais déclassés pour la grande distribution parce qu’ils ne sont pas calibrés", explique Heloise Richard.

Le panais a aussi l’avantage de mériter d’être davantage connu. "À part en soupe ou en purée, on ne sait pas forcément comment le cuisiner. Ici, le défi sera de l’accorder avec la bière pour toutes les étapes d’un repas : des mises en bouche au dessert grâce à la formation en cuisine du créateur de la bière Michel Vermeren", détaille la commerçante namuroise.

Nous avons goûté la bière ambrée issue du brassin expérimental. Forte au nez, elle se révèle douce et rafraîchissante en bouche malgré ses 7,2o. L’arôme de panais est subtil et se note surtout avec une belle suavité en fond de bouche Le second brassin vient d’être embouteillé. À boire dans 2 semaines.

Un crowdfunding et des panais

Les amateurs de bière seront attentifs à la plate-forme de crowdfunding Crowd’in. L’appel à participation pour la bière au panais de l’Empreinte belge y sera publié incessamment. Premier palier : 3 000€, de quoi payer un brassin et proposer cette bière de dégustation dans les paniers gourmands de fin d’année du magasin. "Si on dépasse, on prévoira un nouveau brassin assez vite", annonce l’initiatrice du projet de l’Empreinte belge.

On promet des contreparties sympathiques. "Je ne voulais pas d’un simple merci donc même les contributeurs à 10 € recevront 2 bières et un paquet de crackers. Dans un esprit zéro déchet qui anime aussi la boutique, je fabriquerai des biscuits salés avec la drêche des panais, à savoir l’espèce de purée qu’il reste après cuisson et macération du panais dans le houblon", précise Heloise Richard.

Les amateurs de bières le savent : la drêche de brasserie est un super aliment riche en fibres, pauvre en sucres, concentré en protéine et minéraux. La drêche de bière améliorerait le transit, aurait des propriétés antioxydantes et contiendrait bon nombre de vitamines.

https://crowdin.be/projet-crowdfunding/lempreintebelge?fbclid=IwAR2u5mPdbcg98MWTAFq2peiS8ruvfG4UlV7qb7vzgbkNlbOgPXghrx6Mp-w