À l’initiative d’un groupement pluraliste d’associations et d’organisations, les Journées Nationales de la Prison (JNP) informent et stimulent la discussion autour de la situation carcérale en Belgique. D’habitude des projections, rencontres, conférences, ciné débats, ateliers et du théâtre avec des détenus sont organisés en prison et hors prison dans l’ensemble de la Belgique. Contexte sanitaire oblige, ce n’est pas possible cette année. Pour cette 7e édition, ayant lieu du 20 novembre au 6 décembre 2020, les JNP ont dès lors choisi comme thème "Infiniment confinés".

"Les détenus ont toujours le droit à une promenade quotidienne au préau mais elle est limitée dans la durée et ils restent donc presque 23h sur 24 dans leur cellule", explique Daniel Nokin, du Service de la Culture de la Province. "L’expérience de confinement vécue par la population à l’extérieur servira de point d’accroche pour questionner le sens du confinement forcé des personnes incarcérées."

"Prison Walk" a ainsi été créée et propose une balade à Bruxelles, Forest, Saint-Gilles mais aussi dans le centre de Namur. Des affiches sont disposées au fil d’un parcours pour guider les participants. Elles contiennent des QR Codes qui renvoient vers des sources sonores et audiovisuelles de quelques minutes. "Plusieurs associations se sont mobilisées pour recueillir des témoignages de détenus. Ils ont pu expliquer commen t ils vivent ce confinement."

Les visites ont été supprimées et remplacées par des rencontres virtuelles deux fois par mois. Pas suffisant pour entretenir de véritables liens sociaux. "Un enfant qui ne peut pas voir son papa, ce n’est pas normal. Le travail à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire n’est plus possible non plus. Les détenus sont aussi privés de congés spéciaux qui leur permettent de préparer leur réinsertion. Pour qu’une demande de libération conditionnelle soit acceptée, il faut remplir certaines conditions qui ne peuvent plus être rencontrées. Certains, par dépit, se disent qu’ils vont tout simplement aller à fond de peine." Le parcours proposé à Namur est disponible sur prisonwalk.be.

Grégory Piérard