Des informations contradictoires circulent au sujet d’éventuels cas de coronavirus

Toutes les prisons du pays sont confrontées au même problème au niveau de l’application des mesures de confinement. Difficile de respecter à la lettre les recommandations dans des espaces réduits et où la surpopulation est bien réelle. "On se heurte aux circulaires des ministres", confirme le permanent CGSP Michel Jacob.

Pour essayer de respecter ces mesures, les détenus sont privés de visites jusqu’au 5 avril, minimum. Mais leurs sorties au préau, elles, sont maintenues. "On ne peut pas les laisser dans une cellule de 6m² 24h/24. Il faut donc à chaque fois les fouiller pour des raisons de sécurité. Il est impossible de respecter les distances sociales", poursuit Michel Jacobs.

Les détenus et surtout les agents et le personnel pénitentiaire sont en première ligne. Loin d’être à l’abri du Coronavirus. "On a dû faire appel à la direction générale des Établissements pénitentiaires pour avoir des masques et du gel pour se laver les mains… Il y avait des gros manquements en matière d’hygiène. A côté de ça, on doit envoyer 60 personnes au préau alors qu’en dehors de la prison, on ne peut faire su sport qu’à deux. Les agents travaillent dans des conditions qui ne sont visiblement pas comprises de tous", enchaîne Grégory Wallez, un autre permanent prison CGPS.

A la prison de Namur, ces conditions provoquent de vives inquiétudes et aucun risque n’est pris. Si le directeur Eric Delchevallerie se contente d’affirmer qu’il n’y a aucun cas de coronavirus (ou de suspicion) ni mise en quarantaine dans son établissement, d’autres sources font état de plusieurs dizaines de personnes malades. Lundi par exemple, Michaël Brohé qui devait comparaître devant la cour d’assises de Namur est arrivé avec un masque. Le mardi, il ne le portait déjà plus. Plusieurs avocats ont avancé le chiffre de 40 détenus placés en quarantaine. "Ils n’ont pas forcément le coronavirus mais il y a suspicion. C’est en tout cas ce qu’on entend dans les couloirs", nous indique une source anonyme. Certains avocats ont simplement décidé de ne plus se rendre à la prison tant que la situation sanitaire n’aura pas évolué.

S.M.