La cour d’assises de Namur a poursuivi lundi le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion, le 1er novembre 2018 à Namur. 

Les plaidoiries ont débuté avec celle de Me Marc Preumont, conseil des proches de Wivinne Marion, après que celui-ci ait fait passer aux jurés des photos de la victime. "Cela devait être une chance de pouvoir côtoyer Wivinne Marion, tant elle était unanimement considérée comme un rayon de soleil. Van Dam, lui, est un bon à rien qui était prêt à tout. Il a commis une agression préméditée, bestiale et sauvage, il est coupable d’un assassinat, d’un viol et d’une séquestration. Malgré le refus de Van Dam de répondre aux questions, l’enquête,énorme, prouve qu’il a repéré Wivinne Marion, qu’il l’a suivie et précédée, avant de l’agresser, de la violer, de la tuer et de jeter son corps dans la Sambre. Tout est là, c’est clair, c’est net."

Et l’avocat de retracer la chronologie des faits, en se basant sur les images des caméras de surveillance et sur les déclarations des témoins directs des faits. "A 8h23, la proie a été repérée et choisie.. Rue de Fernelmont, il passe et repasse devant elle. A 8h46, heure de l’agression, l’application de course à pied de la joggeuse s’interrompt, elle vient d’être agressée. Un témoin des faits donne l’alerte à 8h54."

Selon le plaideur, « Wivinne Marion a été tabassée avec une violence inouïe. » L’avocat souligne le gigantesque traumatisme crâno-facial relevé lors de l’autopsie, "causé uniquement par des poings serrés". "La victime a ensuite été jetée dans le coffre de la voiture de Van Dam, comme un sac de sale linge. Elle a été mise à mort, par une strangulation d’une violence inouïe." Pour Me Preumont, peu importe la chronologie exacte des actes commis par l’accusé, "ces faits ont eu lieu, c’est avéré, peu importe l’endroit et le moment exact. Cela a eu lieu, c’est une certitude absolue, et c’est lui qui l’a fait. Et qui l’a prémédité." Me Preumont le répète : "Il l’a repérée, l’a suivie, il a chassé sa proie, la malheureuse Wivinne Marion."

L’avocat évoque "un massacre immédiat, qui s’est terminé par l’exécution finale du projet criminel." Me Preumont rappelle qu’au début du procès, il y a une semaine, Van Dam avait annoncé qu’il voulait prendre ses responsabilités. "On a été servis", ironise-t-il."Il a avoué le meurtre du bout des lèvres, puis on est passés de la comédie du trou noir, qui aura duré deux ans, au silence. Une attitude ignoble par rapport à la victime et à ses proches, une attitude totalement abjecte, alors que ceux-ci attendaient des réponses."

L’avocat termine avec une pensée pour les proches de la victime, en s’adressant à Van Dam. "Ses enfants, son mari, ses parents ne méritaient pas cela, vous les avez détruits, mutilés, ils ne vous avaient rien fait. Vous n’avez laissé aucune chance à Wivinne Marion, vous l’avez massacrée de toutes les manières. Elle ne méritait pas cela."

Le beau-frère et la belle-sœur de Wivinne Marion, également parties civiles, ont ensuite pris la parole : "Les enfants de Wivinne sont condamnés à vivre sans elle à cause d’un prédateur en quête de chair fraîche, ils n’auront plus ses bisous, elle ne sera pas là pour leur remise des diplômes ou leur mariage, leurs enfants n’auront pas de grand-mère. Comment leur expliquer ce qui s’est passé ? Le silence de l’accusé nous laisse dans une incompréhension totale. Il ne faut pas qu’il récidive, ce qu’il a fait est l’oeuvre d’une bête, d’un prédateur de femmes."