La cour d’assises de Namur a poursuivi lundi le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion, le 1er novembre 2018 à Namur.

Après les parties civiles, l’avocat général Seminara a pris la parole. "Wivinne Marion a perdu la vie de façon ignoble pour avoir croisé la route d’un inconnu qui voulait assouvir ses envies sexuelles. Nous avons découvert une vision apocalyptique quand la voiture a été sortie de l’eau et que nous avons trouvé la victime dans le coffre, ces images me hantent. Mais le crime, des violences physiques et sexuelles, était élucidé le jour-même, notamment grâce au civisme de l’agriculteur qui a donné l’alerte après avoir vu Van Dam agresser la joggeuse. Le mobile des faits était le viol."

Pour l’avocat général, "si le puzzle est incomplet, au désespoir des parties civiles, c’est à cause de Xavier Van Dam. Son amnésie, son trou noir, c’est de la foutaise, c’est manipulatoire. Il refuse simplement de s’expliquer et de prendre ses responsabilités. Il est spectateur de son procès."

L’avocat général s’est basée sur le parcours de Van Dam et l’a mis en parallèle avec la personnalité de l’accusé. "Il sort ce soir-là pour chasser les femmes, il boit, se drogue, mais il est en pleine forme lors de la soirée où il se rend à Meux. Son regard inquiète plusieurs jeunes femmes, qui ne trouvent pas qu’il est sous l’influence de la boisson, mais il a pris de la cocaïne, qui est un euphorisant qui augmente son agressivité sexuelle." Et de poursuivre, au sujet du trou noir : "Il n’a pas été atteint d’un trou de mémoire de 5 heures durant cette soirée, c’est impossible, les experts l’ont affirmé. Il ment. Il évoque cette amnésie mais il ressort des déclarations qu’ il voulait faire un after, qu’il était en quête d’une conquête féminine et d’une relation sexuelle. Il reconduit un ami, en contacte d’autres par des sms tout à fait cohérents, roule dans Namur, consulte de la pornographie et entretient une relation tarifée avec une prostituée. » A aucun de ces moments, l’accusé ne semble être sous l’influence de l’alcool ou dans un état second, il ne titube pas et son élocution est claire.

Le parcours de Van Dam dans les rues namuroises, dont la chaussée de Louvain prouve qu’il a suivi Wivinne Marion sur le trajet de son jogging sur le coup de 8h15. "Il croise Wivinne Marion, sa proie, fait demi tour pour la suivre, l’enlever, la violer, la battre à mort."

L’avocat général, qui demande aux jurés de reconnaître Van Dam coupable de viol, d’assassinat et de séquestration, souligne l’attitude qui est celle de l’accusé depuis le début du procès et le fait qu’il ait souhaité se retrancher derrière son droit au silence, et l’interprète comme du mépris pour la victime et ses proches et comme une façon de fuir ses responsabilités.

En ce qui concerne la préméditation, l’avocat général souligne notamment le fait que Van Dam, "assoiffé de sexe", fait demi tour à trois reprises rue de Fernelmont pour suivre la joggeuse, pour la traquer, comme en attestent les caméras de surveillance. Si Mme Seminara admet que la chronologie exacte des faits reste floue, ceux-ci ont bel et bien été commis par l’accusé. L’avocat général estime que la psychopathie et la propension de Van Dam à assouvir immédiatement ses désirs expliquent le drame.