Les Directions Médicales du Centre Hospitalier Régional Sambre & Meuse (CHR Namur et Sambreville), du CHU UCL Namur (Dinant, Mont-Godinne et Ste-Elisabeth) et de la Clinique Saint-Luc Bouge ont co-signé et transmis ce jeudi un courrier aux autorités sanitaires belges. Elles les alertent sur la gestion de la 4e vague de Covid-19 et les choix éthiques qui en découlent. « Dans le contexte actuel de cette quatrième vague où de très nombreux patients covid nécessitant des soins intensifs sont des patients ayant fait le choix d’être non vaccinés, la priorisation absolue qui semble être donnée aux patients covid au détriment d’autres patients graves, doit faire l’objet d’un réel débat éthique avec toutes les parties concernées », écrivent-ils.

Les hôpitaux du Réseau Hospitalier Namurois en ont profité pour poser une série de questions et adresser plusieurs griefs. Ils ont atteint un taux d’occupation de leurs lits de soins intensifs réservés aux patients Covid proche des 50% de leurs capacités opérationnelles. « Nos hôpitaux sont arrivés à saturation, tant aux soins intensifs qu’en unités de soins conventionnelles et ce, pour la prise en charge de tous les patients. Nous déplorons d’apprendre aussi tardivement que les modélisations mathématiques prévoient un débordement des capacités hospitalières endéans les deux semaines. Pour pouvoir anticiper et gérer au mieux nos activités, nous avons à plusieurs reprises demandé à l’Inspection d’Hygiène Fédéral de pouvoir disposer des résultats de ces modélisations ainsi que de l’occupation réelle des hôpitaux de l’ensemble du pays. Ces demandes sont restées vaines. »

Les hôpitaux namurois insistent sur un point : seule la solidarité et une répartition optimale entre tous les hôpitaux peuvent garantir un maximum de soins réguliers pour les patients non-covid. Ils se disent aussi réserver concernant la possibilité de réaffecter le personnel du bloc opératoire et de la salle de réveil dans l’encadrement de la pleine capacité des soins intensifs de la phase 1B. "Nous ferons « tout notre possible » pour rouvrir les lits USI (Unité de soins intensifs) fermés ou les transformer en lits middle-care. Par contre, l’ordre formel d’y affecter le personnel du bloc opératoire nous expose au mieux à majorer l’absentéisme pour cause de maladie (burnout), au pire à accélérer le nombre croissant de démissions."

Ils déplorent également qu'aucune des circulaires précédentes n’a précisé ce qu’étaient les « soins urgents et nécessaires », faisant porter la responsabilité éthique et juridique sur les médecins chefs, les Directions générales et Directions des Départements Infirmiers.