Ce genre d’élevages bio sans enclos se compte sur les doigts d’une main en Wallonie.

Les poules qui gambadent dans le jardin, ça existe chez les particuliers. Dans les élevages, même s’ils sont décrits comme "en plein air", les poules ont accès à l’extérieur un nombre réglementé d’heures chaque jour, mais pas beaucoup d’incitants à sortir se dégourdir les pattes.

Dans l’élevage de Julien Gilson, les poules sont à l’extérieur toute la journée. Il faut dire qu’elles en ont des champs à nettoyer, des herbes à picorer. "Elles sont curieuses, mais s’éloignent rarement à plus de 15 mètres de leur poulailler donc il n’y a pas besoin de mettre des clôtures", explique cet ancien ingénieur ayant longuement travaillé dans la coopération au développement.


Lorsque les poules ont nettoyé un terrain, il déplace leur poulailler et elles ont un autre champ à découvrir et de nouvelles herbes à manger. L’intérêt n’est pas financier - les poules dépensent plus d’énergie à gambader qu’à rester au chaud dans le poulailler - mais gustatif. En plus d’un mélange de graines bio qui constitue leur source principale d’alimentation, elles avalent différentes herbes semées à leur attention. Ce qui donne aux œufs un goût incomparable.

Le soir, elles rentrent sagement s’abriter et sa chienne Pomme se charge de ramener les récalcitrantes.

Outre ses 800 à 900 poules pondeuses, Julien Gilson élève aussi plusieurs centaines de poulets de chair sous le même principe : la liberté totale. "Comme ils sont plus jeunes, ils vont moins loin que les poules, mais il reste un intérêt qualitatif : un poulet d’élevage traditionnel est abattu après 40 jours ; un poulet bio classique après 71 jours. Mes poulets sont abattus après 90 à 120 jours. Ils font 1,3 à 1,5 kg selon la saison", détaille l’éleveur.

Comme pour les élevages bovins, ce temps supplémentaire donné à l’animal pour grandir se goûte au moment où il est servi dans l’assiette. Il justifie aussi le prix. Julien vend ses poulets bio en vente directe à 10 € le kilo. On trouve aussi ses œufs chez lui ou à la coopérative Agricovert de Gembloux notamment.

© Veronesi

"Je voulais d'abord élever des lapins"

Julien Gilson est un ingénieur reconverti dans l’élevage de poules pondeuses et poulets de chair. Mais il est passé par plusieurs étapes.

Pourquoi l’élevage s’appelle-t-il Lapin des prés ?

"À l’origine, je voulais commencer à Gembloux le premier élevage wallon de lapins bio en liberté. J’ai essayé, ça n’a pas marché. mais j’ai gardé le nom. Ça me faisait rire."

Pourquoi cela n’a-t-il pas marché ?

"La reproduction des lapins était facile. Je n’avais pas prévu qu’ils aient autant de maladies. En plus, j’ai été victime de vols qui m’ont découragé."

Qu’est-ce qui vous a amené aux poules ?

"Je suis passé par d’autres volailles : les dindes, les pintades… Mais les poules et les poulets de chair présentaient moins d’inconvénients. Je fais aussi un peu de maraîchage et les poules peuvent aller nettoyer les cultures une fois la récolte faite."