Le corbillard quittera ce lundi à 14h00 le Musée des Arts anciens

Il sera procédé ce lundi à la ré-inhumation, en l’église Sainte-Marie d’Oignies, de l’évêque Jacques de Vitry (vers 1170-1240) dont les restes ont fait l’objet, pendant quatre ans, de recherches scientifiques pointues dans le cadre du projet Cromioss, mis en oeuvre par la Fondation Roi Baudouin, afin de déterminer leur authenticité ainsi que celle du trésor qu’il a légué, annonce la Société archéologique de Namur. S’il n’a pas été possible d’établir avec une certitude absolue, en raison d’un ADN endommagé et d’une comparaison possible avec celui d’une personne contemporaine de la lignée de l’évêque, si ces restes, conservés dans un reliquaire en l’église Sainte-Marie à Oignies (entité d’Aiseau-Presles, diocèse de Tournai), sont bien ceux de Jacques de Vitry mais, en tout cas, rien ne permet de corroborer la thèse inverse.

Les recherches multidisciplinaires (archéologie, anthropologie, biologie, physique nucléaire) effectuées ont néanmoins permis de reconstituer le visage présumé de l’évêque.

Comment ces restes ont-ils pu aboutir à Oignies ? La bienheureuse Marie d’Oignies (1177-1215), née à Nivelles, rejoindra, en 1207, la petite communauté féminine (béguines) du prieuré d’Oignies situé à proximité d’un monastère de chanoines augustiniens.

Marie d’Oignies était connue et respectée de son vivant pour son mysticisme profond, sa spiritualité, voire sa thaumaturgie (réalisation de miracles, notamment sur des lépreux). Elle recevra en 1208 la visite de Jacques de Vitry, brillant historien et prédicateur, qui sera subjugué par son rayonnement spirituel et qui deviendra son confesseur, rejoignant le monastère des Augustins.

Après la mort de Marie, il deviendra successivement évêque de Saint-Jean d’Acre, en Terre sainte, et puis évêque-cardinal de Tusculum (Frascati, près de Rome) en 1228. Il gardera toujours des liens étroits avec le prieuré d’Oignies à qui il confiera ses trésors et qui recevra sa dépouille, après son décès à Rome en 1240, lui-même ayant exprimé le souhait être inhumé à proximité de Marie.

Les restes de ce prélat de l’église seront confiés en 1970 à l’église Sainte-Marie d’Oignies où ils retournent à présent, le projet Cromioss ayant pratiquement levé les incertitudes qui l’entouraient. Le corbillard quittera ce lundi à 14h00 le Musée des Arts anciens du Namurois-Trésor d’Oignies, au centre de Namur, pour rejoindre l’église Sainte-Marie à Aiseau-Presles-Oignies, où une cérémonie religieuse sera célébrée à 15h00.