Des remblaiements ont lieu au fort de Cognelée. Patrick Pynnaert s’inquiète.

Le fort de Cognelée fait partie d’une série de neuf ouvrages construits autour de Namur entre 1888 et 1891. Devenu propriété privée, plus aucune activité n’y est organisée sauf lors de rares manifestations patriotiques à l’occasion des différents anniversaires de la guerre 1914-1918. Cependant, il y a peu, un vétéran en visite dans la région alertait Patrick Pynnaert, conseiller provincial (Défi) : une partie du fort était en cours de remblaiement. Le conseiller, très sensible à la question du devoir de mémoire réagissait très vite : "Nos pères, grands-pères se sont battus pour nous, ils méritent que nous les honorions. Ce qu’il se passe ici, c’est comme si on les enterrait une nouvelle fois." Un avis que tempère le propriétaire des lieux, Prosper Ghys : "J’ai passé une convention avec une société qui amène des terres issues des travaux du Grognon. Tout s’est fait dans le respect des règles. On recouvre uniquement la partie non visitable du fort pour que je puisse passer sur mes terres avec mon matériel sans problème."

L’explication ne convainc pas le conseiller provincial. Avec Marguerite Peerenboom, secrétaire provinciale de Défi et dont la famille fut active en résistance, il a entamé quelques recherches. Selon lui, c’est la troisième fois qu’un permis est accordé pour remblayer. "Est-ce dire que si la société Nonnet lors d’un prochain chantier doit évacuer de nouvelles terres, un nouveau permis sera demandé ? Quand va-t-on s’arrêter ? D’autant plus qu’on n’a aucune garantie quant à la qualité des terres entreposées."

Faux, rétorque le propriétaire. "Toutes les terres qui sont déposées sur mon terrain sont analysées, il est hors de question d’en amener qui ont été polluées d’une façon ou d’une autre."

Mais Patrick Pynnaert n’en démord pas. " Ce site n’est pas classé mais on peut faire en sorte qu’il le devienne. Il appartient à la mémoire collective. On doit s’interroger sur l’utilité d’effacer une partie de notre patrimoine culturel pour servir les propres intérêts d’un entrepreneur ." Il compte donc maintenant étudier toutes les possibilités légales pour que ce site redevienne un véritable lieu de mémoire.

On peut faire revivre ce fort

Le propriétaire du site du fort de Cognelée aimerait que les lieux soient d’une certaine façon mieux mis en valeur. Il lance un appel. “Si un organisme ou une association veut organiser des visites du fort, pour ma part je suis preneur.” Appel entendu illico par Patrick Pynnaert mais également par la députée provinciale Geneviève Lazaron (CDH). “Ce fort fait partie d’une série d’ouvrages de défense de Namur. Nous avons déjà organisé des activités didactiques dans d’autres, pourquoi pas à Cognelée. Des contacts en ce sens ont déjà eu lieu avec le bourgmestre Maxime Prévot" nous explique la députée provinciale.

Pynnaert n’est pas en reste : “Ça peut intéresser différentes associations, nous allons tout mettre en œuvre pour dénicher des personnes intéressées et tenter de faire revivre ce lieu comme il le faut.”