Le Ministre des Indépendants David Clarinval est venu ce vendredi à Namur rencontrer 2 des 80 coiffeurs de la commune qui rouvrent leur salon ce samedi. L’occasion de s’enquérir de leur état d’esprit. "Evidemment, je suis content pour moi mais lorsque je pense à mes amis tatoueurs, esthéticiennes et ceux de l’Horeca, je suis triste pour eux, c’est injuste qu’on ne puisse pas reprendre nos activités en même temps", confie d’emblée Cédric Pochet, de Cedryc Hair Designer. 

Il n’empêche que ces trois mois et demi à l’arrêt ont été longs à vivre, surtout mentalement et que ce 13 février est un soulagement. "Décembre a été très particulier, c’est un mois de partage et de reconnaissance mutuelle entre les clients et leur coiffeur. Financièrement, j’ai eu la chance que mon propriétaire laisse tomber le loyer des deux derniers mois de l’année. Ensuite, il m’a accordé une ristourne de 50%. Il a tout de même fallu honorer certains frais fixes comme la TVA d’octobre, l’eau et l’électricité du dernier trimestre presté. Le droit passerelle a servi à cela et non pas à me payer. Ceci dit, cela fait 18 ans que je suis dans le métier, je ne suis certainement pas le plus à plaindre."

Cédric va retrouver ses huit employés et tous pourront retravailler moyennant certains aménagements. "J’avais déjà acheté 16 panneaux à 300 euros lors du premier déconfinement pour séparer les sièges pour Hommes, Dames, la couleur et le lavage des cheveux. Il y a toujours le gel et les masques mais je n’ai pas d’appareil CO2. J’ouvrirai les fenêtres en oscillant-battant mais il va falloir augmenter le chauffage (sourire)."

 L’agenda des deux prochaines semaines est rempli. Ceci dit, compte tenu de la superficie du salon, il y aura 20 à 30% de clients en moins. "En plus, je ne pense pas que je récupérerai tout le monde. Des hommes se rasent dorénavant la tête eux-mêmes et des dames ont appris à faire leur coloration elles-mêmes. La payer 15 euros en grande surface ou 50 chez le coiffeur, il n’y a pas photo. Il n’y a toujours pas de sorties, de fêtes et certains ne se rendent plus physiquement au travail. Cela va aussi jouer. Enfin, j’espère surtout qu’on est reparti pour du bon. Une alternance de fermetures et d’ouvertures, c’est un ascenseur émotionnel difficilement supportable."