Le comportement adopté par deux automobilistes, le 29 janvier 2018 sur la N5 à Neuville (Philippeville) aurait pu leur coûter la vie. Et celles de plusieurs autres personnes.

Tous deux sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Dinant pour entrave méchante à la circulation. L’un d’eux conduisait une camionnette. L’autre un SUV. Un coup de frein donné par le conducteur du premier véhicule, bloqué sur la bande de gauche par un camion qui en dépassait un autre, a mis le feu aux poudres. "Le SUV s’est rapproché de moi à vive allure et m’a collé. J’ai appuyé sur la pédale de frein, simplement pour allumer les feux rouges. Il a réagi en me faisant des appels de phare. J’ai alors donné un second coup de frein", explique le conducteur de la camionnette.

Furibard, le conducteur du SUV a dépassé la camionnette dès qu’il a pu et s’est rabattu devant elle. "J’ai à mon tour freiné pour lui faire comprendre que son comportement avait été dangereux. Il m’a alors dépassé et, dans sa manœuvre, a arraché mon rétroviseur", précise le conducteur du SUV. Néanmoins, selon un témoin, ce dernier zigzaguait pour ne pas être dépassé.

Leur rodéo ne s’est pas arrêté là. Encore plus furibard d’avoir vu son rétro arraché, le conducteur du SUV s’est à nouveau remis devant la camionnette. Le nouveau coup de frein qu’il a donné a provoqué une collision. La camionnette l’a embouti par l’arrière. Lui, s’est retrouvé en travers de la N5, perpendiculaire à la berme centrale.

Plusieurs véhicules arrivaient. Les trois premiers ont eu le temps de s’arrêter. Par le quatrième qui les a percutés. "Il était 6h40 du matin, un 29 janvier, il faisait noir et la route était humide. Pour le même prix, on avait des morts", plaide un avocat présent pour une compagnie d’assurance. Le parquet de Namur requiert 2 ans contre le conducteur du SUV, 18 mois contre l’autre. Jugement le 27 avril. Les avocats de la défense, qui plaident le "c’est lui qui a commencé", ont demandé des mesures probatoires. Jugement le 27 avril.