Namur

Pour les organisateurs du salon du vin, rester sur le terrain de football deux ans de plus est une question de survie pour l'événement.

Cela fait plusieurs années que le salon du vin et du fromage de Floreffe est au centre d’une polémique. Normal que certains râlent : il s’installe chaque année sur le terrain de football. Cette fois, c’est fait : le bourgmestre et les échevins ont décidé de dénoncer la convention qui les lie. Le salon 2019 aura bien lieu du 1er au 3 novembre pour sa 22e édition. La suivante, on ne sait pas.

"J’ai reçu un SMS vendredi de l’échevin des sports m’annonçant la décision du collège, mais aucun document officiel. Nous avons besoin d’un écrit pour le soumettre à un avocat et voir quelles sont nos possibilités", argumente-t-elle, à la fois déçue et en colère que Floreffe ne veuille pas laisser l’événement à cet endroit deux ans de plus.

"C’est le temps qu’il nous faut pour aménager un terrain dont nous sommes déjà propriétaires, sur Floriffoux. Un délai nous permettrait de ne déménager qu’une fois et de rester sur la commune", plaide celle qui a bien peur de voir s’effriter ce qui est devenu le plus grand événement du genre en Wallonie.

Le salon du vin de Floreffe, c’est 400 exposants et 26 000 visiteurs, un service de navettes depuis les parkings, un service concierge pour les achats, un coup de main pour les charger dans sa voiture… "Il y a la collaboration des mouvements de jeunesse, des hôtes floreffois qui hébergent les vignerons, les liens qui se sont noués. On va devoir se tourner vers une commune plus accueillante", regrette Anne Romainville qui co-organise avec Xavier Walraet.

Quelles sont ses craintes exactement ? "La vérité, c’est que si on déménage, on ne va sans doute pas revenir sur Floreffe. Déménager une fois, c’est bousculer l’événement, perdre des visiteurs. Mais le déménager une seconde fois, c’est le tuer", résume-t-elle.

Que dire des solutions alternatives proposées par la majorité ? "Le site de Franière est tout simplement impraticable, plein d’ornières, c’est impensable de s’installer là-bas. Quant au hall sportif, il est beaucoup trop petit. On devrait réduire aux deux tiers nos exposants. On ne veut pas faire un demi-salon du vin, sinon on le ferait en version automne à Aiseau Presles où on tient déjà un petit salon du vin de printemps, on est dans un vrai cocon, là-bas."

Mais ce qui la chagrine vraiment, devine-t-on, c’est que son salon soit tout à coup considéré comme ennemi des citoyens alors qu’elle a tout fait pour le garder sur la commune alors qu’il a été convoité par d’autres à plusieurs reprises.

Et si ce n'était que politique?

C’est sous le régime précédent, et le mayorat d’André Bodson, RPF comme Anne Romainville qui était encore sur cette liste pour les dernières communales, que le Salon du vin s’est installé et a pris de l’ampleur sur le terrain de football. Or, le 14 octobre dernier, la coalition Ecolo/Défi/PS a renversé la majorité MR/CDH. Et le premier échevin n’est autre qu’Olivier Trips, l’ancien président du club de football de Floreffe…