"Je livre du bonheur à domicile"

" On dit que le muguet incarne le bonheur, la vie, la pureté, le renouveau et la joie. Dans le langage des fleurs, il signifie le retour du bonheur", explique Jean-Charles Luperto, bourgmestre de Sambreville. C'est la raison pour laquelle l'ensemble des autorités communales offrira en ce 1er mai un brin de muguet à tout résident de chaque maison de repos de Sambreville pour lui témoigner son affectueux réconfort. Et par la même occasion, ces autorités veulent dire aussi merci à l'ensemble du personnel qui travaille dur, celui qui entoure les résidents tout comme celui qui reste dans l'ombre. " La période que nous vivons renforce leur dévouement et la reconnaissance qu'on a de leur action", ajoute Jean-Charles Luperto, gageant que les clochettes de ce muguet soient synonymes d'un bonheur retrouvé très prochainement.

C'est Carine Mauclet, du Jardin de Sorenza à Velaine-sur-Sambre qui a été chargée de confectionner près de 500 petits bouquets associant les brins de muguet et une fleur. C'est un peu de baume au coeur de la sympathique fleuriste. "C'est vraiment bienvenu en cette période, c'est un petit coup de pouce apprécié, ça me touche de la part de la commune. Et je pense aussi au petit moment de bonheur procuré aux résidents alors qu'ils n'on plus vu leur famille depuis un mois".

Solidarité

Mais Carine retient aussi l'esprit de solidarité qui règne autour d'elle. "C'est formidable. Grâce aux réseaux sociaux, des commandes continuent à arriver. On doit, en plus des livraisons dans les maisons de repos, assurer une centaine de livraisons chez des particuliers. Les gens sont très solidaires, ils commandent des fleurs pour eux mais, pour nous soutenir, en font livrer aussi à d'autres membres de leur famille ou à des amis". Et elle-même ressent un bonheur intense en cette période: "Il ne m'est jamais arrivé de ressentir autant d'émotion. Je livre du bonheur à domicile, les gens se sentent aimés".

Dans son magasin depuis trop longtemps désert, elle est loin de se lamenter. "Cette nuit, nous avons travaillé jusque 4 heures du matin et ça va être comme ça jusqu'à la fin de la semaine mais on ne doit pas se plaindre, d'autres ont beaucoup plus difficile que nous. Ou traversent des périodes douloureuses. Par exemple, au funérarium où nous avons livré des fleurs, les visites ne sont admises que durant une heure et avec maximum 5 personnes. C'est triste de partir dans ces conditions..."