Vos colistiers DéFI de Sambreville ont demandé votre remplacement au conseil de l’aide sociale parce que, disent-ils, vous aviez coupé tout dialogue avec eux et que, par exemple, il leur a été impossible de voter le budget.

"Tout d’abord, Il est difficile de maintenir le dialogue en n’étant plus invitée aux réunions. Ça l’est tout autant, vous en conviendrez, quand les cadres et élus de la section ne répondent pas à mes appels téléphoniques. J’ai appris qu’une lettre de démission avait été envoyée au parti et qu’elle demandait la récupération de mon mandat comme une sorte de chantage. Au fil des mois, j’ai entendu qu’on me critiquait au sein du Conseil communal, me reprochant de ne pas me tourner vers eux. J’ai alors tenté, à maintes reprises de contacter notre président de section locale et Philippe Kerbusch, mais personne ne me répondait jamais. Après plusieurs tentatives, pour justement évoquer le budget du CPAS, j’ai reçu un message me disant qu’ils ne souhaitaient pas communiquer avec moi, mais que je pouvais leur envoyer un mail! Monsieur Kerbusch ne m’a finalement rappelée qu’à l’issue du conseil communal… au cours duquel Madame Félix venait de s’abstenir sur ledit budget. En prime, il faut savoir qu’avant chaque conseil communal, Il y a une commission, à laquelle cette dernière a assisté et elle y a posé un tas de questions à la Directrice financière sur le budget du CPAS. Dire qu’elle manquait d’informations n’est pas correct vu mes nombreuses tentatives d’entrer en communication avec eux et, d’autre part, les questions posées en commission."

Vous avez subi une attaque -indirecte mais explicite- au sein du conseil communal, venant de Samuel Barberini, membre du MR

"Cette attaque a choqué beaucoup de monde, y compris au MR et particulièrement leur Conseillère CPAS qui s’est sentie utilisée sans avoir voix au chapitre. Je connais Frédérique, ce n’est pas l’image de cette politique de bas étage qu’elle veut montrer. Nous avons rejoint, je pense, au même moment nos partis respectifs et nous avons eu l’occasion d’en parler à plusieurs reprises, notre investissement en politique est conduit par l’envie d’de changer les comportements en politique et d’apporter une nouvelle vision de notre commune qui réponde aux attentes et aspirations des citoyens. Nous voulons en finir avec les petites mesquineries politiciennes, en finir avec le fait que des mandataires utilisent leurs mandats pour défendre leurs intérêts. Aujourd’hui, ce que veulent les citoyens, et c’est pour ces raisons que j’ai rejoint DéFI il y a 3 ans, c’est que les représentants qu’ils élisent (ou non d’ailleurs) défendent leurs intérêts dans les instances, tout en respectant l’intérêt général. Ils veulent faire entendre leurs voix et ce qui est certain dans ce mauvais vaudeville, c’est que nous sommes aux antipodes des attentes des citoyens. Je suis heureuse que le parti ait tranché dernièrement car cela montre que nos instances, qui ont aussi été renouvelées il y a peu, ont entendu cet appel et ont pris ce virage. Il n’est plus question de tolérer une certaine forme de poujadisme. Nous devons nous préoccuper de nos citoyens et rien d’autre. Je vais reconstruire une section sur cette base. Je ne veux pas entendre de mesquineries de ce genre, pour moi ce sont des pratiques du passé avec lesquelles il est urgent de marquer une rupture."

Certains ont parlé, à propos de cette attaque, d’une action concertée entre le mandataire libéral et les conseillers du groupe DéFI…

"C’est à eux qu’il faut poser la question. Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai eu énormément d’appels et de messages, ces derniers temps qui appuyaient cette thèse mais vous imaginez bien que je ne connais pas la réponse. Tout ce que je sais, ce sont les propos qui ont été tenus. J’ai porté plainte contre X car je ne peux laisser proférer de telles accusations sans réagir. Ce sont des faits extrêmement graves, qui mettent en cause ma personne, et je pense que c’est tout à fait inédit qu’une mandataire se soit fait exclure de la sorte, en se servant d’un conseil communal qui est justement le lieu pour exercer la démocratie locale. J’ai également averti le ministre de tutelle. J’espère que cela aura permis de démontrer qu’il y a un à tout le moins à revoir la copie du CDLD à ce niveau-là."

On a soulevé le fait que d’autres violations du huis clos avaient déjà eu lieu. Vous en aviez entendu parler ?

"C’est intéressant que vous me posiez cette question car juste avant que je ne prête serment en octobre 2019, il y a eu une violation du huis-clos qui a valu à la personne concernée une sérieuse remarque du Bourgmestre et du Président du CPAS. Peut-être que les accusations actuelles en sont une suite mais je tiens à dire qu’en acceptant le mandat, je savais pertinemment bien quels étaient mes devoirs et que, jamais, je n’ai mis à mal le respect du huis-clos."

Vous dites avoir déposé plainte contre "X". Avez-vous des nouvelles quant à la procédure ?

"Aucune à ce stade mais je compte bien que celle-ci aboutisse. Comme expliqué précédemment, je ne compte pas laisser les choses en l’état. Cette calomnie a servi de justification au retrait de mon mandat, c’est très grave. On a voulu me couper les ailes sans raison. Je ressens un profond sentiment d’injustice. Peu importe contre qui je dois me battre, si je juge une chose injuste, je la défends et j’y mets toute mon énergie. Je ne peux pas aller contre qui je suis, c’est mon caractère et ça fait également partie de mon engagement politique : défendre ce qui est juste, veiller au respect de tous et chacun, en particulier des plus faibles."

Vous vous êtes sentie soutenue ces derniers temps ?

"Oui, j’ai été contactée par beaucoup de personnes, de tous partis confondus, qui m’exprimaient leurs encouragements par rapport à ces attaques. C’est assez incroyable, je ne m’y attendais pas du tout. J’ai aussi reçu beaucoup de soutien de militants et des instances de Défi. Ils ont vraiment essayé d’arranger les choses mais quand les personnes en face ne veulent même pas s’asseoir autour de la table, on ne peut pas dialoguer. C’est étrange à dire mais j’ai perdu une « amie » et j’en ai gagné de nombreux autres. C’est, in fine, le positif que je retire de cette mauvaise et triste pièce de théâtre."

On a l’impression que vous vous sentez finalement délivrée après avoir perdu ce mandat ?

"Délivrée n’est pas le qualificatif approprié car c’est une déception. Ce mandat me tenait vraiment à cœur et me permettait d’exprimer mes convictions et mon attachement à une certaine justice sociale. Je me suis engagée en politique dans le but d’aider les citoyens, d’apporter des solutions à
leurs problèmes. Nous connaissons une crise sanitaire sans précédent et beaucoup de personnes se voient confrontées à d’importantes difficultés. Franchir les portes du CPAS est souvent vécu comme un échec et cela pourrait leur faire peur d’imaginer que leurs noms soient dévoilés. Cela ne se passe évidemment pas comme cela. Ce que je peux dire, c’est que tous les conseillers, le Directeur général et le Président de CPAS font un travail remarquable avec la discrétion requise et j’aurais aimé le poursuivre à leurs côtés."

Qu’allez-vous faire maintenant ?

"Je me suis dès le début, beaucoup investie dans le parti, je continuerai sur cette voie. Je vais continuer à expliquer la spécificité de DéFI et les valeurs que nous portons, comme je le fais depuis 3 ans. Notre Président, François De Smet m’a demandé de reconstruire une section à Sambreville et je suis certaine que notre message va trouver écho auprès de nombreuses personnes. J’invite d’ailleurs tous ceux qui se reconnaissent dans mes propos à me contacter. Une autre ambition pour Sambreville est à construire, tous ensemble."

A ce sujet, les choses s’annoncent compliquées. Les mandataires et les membres du comité DéFI de Sambreville ont démissionné du parti. Cette démission a été actée par les instances fédérales mais les démissionnaires ont fait marche arrière et, selon un communiqué publié sur leur page Facebook, estiment que tout continue comme avant.

"Voilà des mois que je ne suis plus invitée aux réunions et je ne peux donc vous répondre sur la situation actuelle. Une chose est certaine, la véritable section, c’est celle que je vais m’atteler à reconstruire dans les semaines à venir avec les militants qui le souhaitent et qui pourraient nous rejoindre prochainement. Le reste est de la responsabilité de Mme Félix et de M. Kerbusch."