Chez les Dinjart, la frite est une histoire de famille. Voilà déjà quinze ans déjà que Thibaut a repris la friterie que tenait son père, Dominique, le long de la N4 à Naninne. « Lui-même l’avait reprise en 1986, plus ou moins quand je suis né, à une dame qui habitait Sart-Bernard », indique-t-il.

Depuis 1986, l’établissement a évidement connu de nombreux changements. « À l’époque, c’était une petite caravane résidentielle avec une toute petite salle. Il n’y avait qu’une banquette pour une dizaine de personnes sur le pourtour et une table au milieu. Quand cette caravane a été démontée, il y a eu une caravane avec un bardage en bois. Mon père a ensuite installé un petit cabanon pour ne plus que les clients attendent dans le froid. Ensuite, c’est un module avec une véranda et une chambre froide qui ont été installés. »

Depuis 2006, Thibaut Dinjart s’est lui aussi approprié l’endroit pour le rendre plus moderne. Il n’était pourtant pas prédestiné à devenir friturier. « J’ai fait l’école hôtelière. A la base, je voulais cuisiner sur des bateaux de croisière. J’ai travaillé là avec mon père pour gagner un peu d’argent. A cette période, il avait failli vendre la friterie à un Flamand. Je me suis dit que c’était vachement con de perdre une affaire familiale.»

Un choix gagnant. Aujourd’hui, Thibaut a pu engager une personne à temps plein et une troisième à mi-temps. Parfois, ce sont des étudiants qui lui donnent un coup de main. Reprendre la friterie n’a toutefois pas été si simple que cela. « Mon père, qui avait toujours bien le temps, avait sa clientèle et certains avaient de mauvaises habitudes qu’il a fallu changer. A 18 ans, j’ai dû m’imposer. »

Tout au long de ces 15 années, « Thib » a tenté de faire évoluer sa carte et proposer des produits originaux. Comme les hamburgers « pur bœuf », qu’il faut désormais décliner à toutes les sauces. « Depuis peu, je propose les planches fricandelles ou la sauce shedar, par exemple. » La star, chez Thib, reste quand même la frite. « Moi, j’ai appris sur le tas. Une frite bien cuite, on le voit à la couleur mais aussi à sa consistance, on le sent quand on les manipule avec l’araignée. Parfois, une différence de 5° sur une cuisson ou une pré-cuisson peut faire la différence. Il faut tout le temps être au taquet. Après 15 ans, je pourrais les cuire les yeux fermés. »

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Chez Gaby, Square Léopold 20. La friterie « Chez Gaby » est une institution à Namur. L’établissement existe depuis 1962. Là-bas, on y épluche les patates à la main dès le matin et on les coupe pour le service du midi. Et on recommence l’opération l’après-midi.

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A Houffalize, la friterie Autre Chose, gérée par Patrick Lejeune, est une institution. Le commerçant mise sur les produits locaux. « J’achète les pommes de terre dans une ferme de Vissoule, un hameau de la commune de Houffalize », explique-t-il. « J’épluche à la main. Je n’utilise aucune frite surgelée. » Le Houffalois sert de nombreuses bières spéciales dont la Lupulus, brassée à Courtil, près de Gouvy et la Chouffe de la brasserie implantée à Achouffe. Il propose, par ailleurs, un large éventail de mets pour accompagner les frites : une soixantaine de viandes relevées par une quarantaine de sauces. En été, sa clientèle est composée de 85 % de touristes.

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Chez Gilbert : rue Léopold Crasset 45, 5170 Bois-de-Villers : Aurélie et Mike, ses tenanciers, ont fait de leur friterie la meilleure de Belgique francophone, en 2020. Ce sont les clients qui l’ont élue, en laissant des côtes sur le site internet Les Friteries. Depuis, des clients viennent parfois de loin pour goûter leurs préparations.

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La friterie de Grand-Halleux (Vielsalm) a ouvert en 2002. Elle a été rachetée par Valentin Willems en 2014. Elle s’appelle désormais « Burger Time ». « J’ai décidé de changer le concept pour attirer une clientèle plus large en misant sur le hamburger », souligne-t-il. « Les clients peuvent choisir parmi un large éventail. Durant la période hivernale, les hamburgers peuvent être servis, sur demande, avec du foie gras, de la fondue ou du fromage raclette. » La viande provient d’un élevage local. Le commerçant salmien s’approvisionne en viande de bœuf à la ferme de François Remacle, implantée à Goronne.