Marc (prénom d’emprunt), né en 1988, a eu la peur de sa vie Le 16 avril 2021 vers 18h, alors qu’il traversait le square Léopold. 4 hommes (seuls trois étaient présents à l’audience ce jeudi), lui ont demandé de la drogue. Comme il ne comprenait pas ce qu’ils lui voulaient, Marc a continué son chemin. Ses opposants lui ont alors lancé un pavé, pavé qu’il a relancé en leur direction. Il a été immédiatement pris en chasse, en direction du rond-point Léopold. Une fois rattrapée, la victime a été rouée de coups de pied et de poing et a reçu deux coups de couteau, dans le dos et à la poitrine. Interpellés grâce à la combinaison des images des caméras de surveillance, des déclarations de témoins de la scène et de celles de la victime. Les agresseurs étaient munis d’un véritable arsenal : un opinel et un couteau de cuisine pour le premier, une barre de fer de 40 centimètres, un hachoir de boucher et un opinel pour le deuxième, un opinel et un grand couteau de cuisine pour le troisième et un couteau pour le dernier.

Interrogés par la présidente Matagne, les trois individus se rejettent la balle. Les deux premiers accusent le troisième (Je n’ai pas jeté la pierre, j’ai tenté de les séparer, il a donné le coup de couteau), alors que leur co-prévenu affirme faire l’objet de pressions et de menaces sur lui et sa famille de la part des deux autres afin de reconnaître les faits.

Constituée partie civile, la victime réclame un euro à titre provisionnel sur un dommage estimé à 50.000 euros." Je me suis vu mort", a déclaré Marc lors de sa déposition.

Pour le substitut Marganne, l’intention homicide est bien établie dans le chef des prévenus, en raison du type d’arme utilisée ou des zones visées. Le substitut évoque un phénomène de plus en plus courant et à endiguer à Namur : les règlements de compte à l’arme blanche et en pleine rue, une tendance "d’une violence incommensurable". 40 mois de prison sont requis pour chacun des prévenus. 6 mois sont requis pour une prévention de séjour illégal contre celui qui a déjà été condamné pour cette prévention par le passé, 3 mois sont requis pour les 3 autres.

Les conseils des 3 hommes plaident l’acquittement pour la prévention de tentative de meurtre et celle de port d’arme prohibée et plaident une peine de travail ou un sursis pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée pour la prévention de séjour illégal.

Jugement le 12 mai.