Selon le substitut Seminara, de plus en plus de jeunes se baladent dans les rues de Namur armés, d’armes blanches en particulier. Les faits qui ont été abordés ce jeudi devant le tribunal correctionnel en sont une nouvelle preuve. Ils se sont déroulés le 28 mars dernier, par un dimanche ensoleillé.

Les caméras de la ville ont filmé ce jour-là 3 jeunes à peine majeurs qui roulaient des mécaniques (ils avaient bu plusieurs Gordon), rue de Fer. Après une première altercation avec un utilisateur de planche à roulettes, l’un d’eux est heurté par un passant, distrait. Un incident éclate et ce dernier reçoit plusieurs coups. Agressé quelques mois auparavant, celui-ci se promène désormais avec de quoi se défendre dans son sac. En l’occurrence, un couteau de camping et un cran d’arrêt. Mais il exhibe tout d’abord une arme d’airsoft, réplique d’un fusil à pompe à canon scié. Les agresseurs en rient avant que le passant solitaire ne sorte un couteau. Il frappe au hasard et perforera le poumon de l’un de ses assaillants, blessant sérieusement l’autre au bras. Le jeune homme, né en 99, prend alors la fuite. Il est rapidement rattrapé par le troisième larron qui, à son tour, le frappe avec un couteau à l’abdomen et lui perfore le pancréas. Rejoint par un des deux autres, ils shooteront à plusieurs reprises, en prenant de l’élan, dans la tête et la nuque de leur victime, clouée au sol.

Si le passant se promenant seul avait été initialement inculpé de tentative de meurtre, le substitut Seminara estime que celui-ci était en état de légitime défense "dans le cadre d’une agression sauvage à trois contre un", et n’a retenu ce jeudi que la prévention de port d’arme prohibée à son encontre, celui-ci étant porteur d’un couteau de camping et d’un cran d’arrêt. Le substitut ne s’oppose pas à une mesure de faveur le concernant.

Une peine de 5 ans est requise contre le principal agresseur, accusé de tentative de meurtre. Sa consommation de boissons alcoolisées et l’incapacité à contrôler ses pulsions violentes inquiètent le ministère public. Il aurait déclaré juste après les faits : "On l’a chopé, j’espère qu’il va y rester",… avant de se débarrasser de son arme dans un soupirail. 15 mois et un an sont réclamés pour les deux autres, pour coups et blessures volontaires. Le parquet ne s’oppose cependant pas à un sursis probatoire dans le premier cas et à des peines de travail dans les deux autres.

Les conseils des 3 co-prévenus estiment qu’il s’agit d’un dossier de coups réciproques, qu’il y a eu provocation et que le différend n’aurait pas pris de telles proportions si le passant n’avait pas sorti son arme d’airsoft puis un couteau dont il a fait usage. Un sursis probatoire est plaidé pour le premier et la suspension simple du prononcé est demandée pour les deux autres. La suspension probatoire du prononcé est plaidée pour le passant qui détenait des armes.

Jugement le 18 novembre.