Il avait frappé celle-ci pendant plusieurs heures. Un tisonnier a été utilisé

C’est parce qu’il ne voulait pas manger ce que sa mère de 80 ans avait préparé que le prévenu, 54 ans, s’en est pris le 14 juillet 2018 à celle-ci avec qui il vivait à Jambes. Il avait consommé de l’alcool et des stupéfiants quand il a commencé à la rouer de coups de poing et de pied. La scène aurait duré plusieurs heures et il aurait également frappé la victime avec un tisonnier. L’octogénaire est parvenue à s’extraire de l’habitation pour appeler les voisins à l’aide, couchée sur le sol, dans le jardin. Pour les experts qui ont examiné le prévenu, celui-ci est caractériel et présente une intolérance à la frustration qui entraîne un risque de récidive estimé à 40 %.

"Elle était méchante et très égoïste, mais je n’ai pas voulu la tuer, je ne suis pas un psychopathe. Mon enfance a été déplorable. Mais depuis les faits, j’ai suivi les conditions de ma probation dans les règles de l’art, je me suis rendu compte que l’alcool était un poison pour moi", déclarait le prévenu lors de l'audience du 27 février dernier. Le prévenu est allé présenter ses excuses à sa mère dans la maison de repos où elle a été placée depuis les faits.

Constituée partie civile, l’avocate de l’administratrice de biens de la victime obtiendra 5272,85 euros. "Les coups, insultes et menaces duraient depuis des années et étaient connus de la police qui n’a rien fait malgré le contexte de terreur qui régnait et des menaces de mort déjà proférées : elle devait se taire et tout accepter. Ce calvaire aurait pu être fatal."

Remettant en cause l’intention homicide dans le chef du prévenu, le ministère public, qui regrette que la situation ait été prise à la légère par la police, avait demandé la requalification de la tentative de meurtre en coups et blessures volontaires sur une personne vulnérable.

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi. Le prévenu est condamné à une peine de 3 ans et à une amende de 200 euros, le tout assorti d'un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive déjà effectuée.