À 54 ans, la Namuroise Eliane Tillieux entre dans l’histoire de la politique belge en devenant la première femme à présider la Chambre. "C’est presque incroyable finalement d’avoir dû attendre de voir se succéder 51 hommes à ce poste depuis la création de notre pays pour enfin voir arriver une femme", a commenté jeudi matin Eliane Tillieux.

Détentrice d’une licence en traduction à l’Institut supérieur de traducteurs et interprètes, complétée par une maîtrise en management public, c’est grâce à la règle de l’apparentement que cette militante socialiste est élue conseillère provinciale à Namur en 2000 (Ndlr : parallèlement à sa vie professionnelle pendant laquelle elle a été employée de banque, secrétaire de traduction et directrice du service clientèle de la société wallonne des eaux). Elle entre ensuite aux parlements wallon et de la Communauté française en 2004.

C’est en 2006 qu’elle fait son entrée au conseil communal de Namur, dans l’opposition. Trois ans plus tard aux élections régionales de 2009, son score est conforté avec près de 10.500 voix. Elle monte alors dans le gouvernement Demotte pour gérer pendant cinq ans les matières relatives à la Santé, l’Action sociale et l’Égalité des chances.

En 2012, malgré un score quadruplé aux élections communales, Eliane Tillieux ne réalise "que" le second score, loin derrière le cdH Maxime Prévot, et est maintenue dans l’opposition. Elle rempile néanmoins au gouvernement wallon deux ans plus tard avec les portefeuilles de l’Emploi et de la Formation. Aux élections de 2019, elle décroche 21.514 voix à la Chambre. Soit le meilleur score féminin de son parti.

Première femme à prendre la présidence de la Chambre, Eliane Tillieux avait été précédée en 2004 par une autre socialiste francophone, Anne-Marie Lizin, devenue cette année-là la première femme présider le Sénat, tandis que la Belgique aura dû attendre 2019 pour connaître sa première Première ministre, en la personne de Sophie Wilmès (MR).

Avec cette nouvelle fonction à la Chambre, Eliane Tillieux restera-t-elle conseillère communale à Namur et cheffe de file de l’opposition socialiste ? "Aucune décision n’a encore été prise", nous précise-t-on à son cabinet.

S.M