Namur

Ce vendredi, l’institut Saint-Roch s’est mobilisé en soutien à cinq de ses élèves d’origines étrangères, tous menacés d’expulsion. Professeurs et élèves se sont rassemblés pour sensibiliser les autorités et ainsi permettre aux étudiants de boucler leur cursus scolaire.

Maryam , 19 ans, a tout d’une étudiante normale. De bonnes notes, un parcours scolaire sans anicroches, et des amis pour la soutenir. À ceci prêt qu’elle risque de ne jamais pouvoir terminer son cursus scolaire. Mercredi avant les vacances de carnaval, la jeune fille a reçu un avis d’expulsion l’enjoignant à rejoindre un centre fermé, en vue d’être expulsée vers son pays d’origine, la Russie..

Un pays qu’elle a dû fuir avec sa famille pour échapper à la mafia et sauver sa vie. "L’employée de mon père vendait de la drogue à son insu", explique-t-elle. "Elle s’est faite tuée dans le magasin par la mafia. Ils ont mis le feu au bâtiment et nous ont réclamé de l’argent. C’était horrible !"

Arrivée en Belgique en janvier 2010, la petite famille s’est vue charriée de centres d’asile en maison sociale, avant d’échouer dans le centre Fedasil de Pondrome. C’est là qu’ils vivent aujourd’hui, en compagnie du petit dernier âgé de trois mois à peine, né sur le sol belge et donc épargné par la mesure d’expulsion. Une forme de déchirement supplémentaire.

Inscrite à l’institut Saint-Roch depuis trois ans, Maryam est décrite par ses professeurs comme une élève douée, bien intégrée et déterminée. "On fait tout ce qu’on peut pour qu’elle ne parte pas", témoigne l’une de ses amies.

Ce vendredi, toute l’école s’est rassemblée dans la cour en soutien à la jeune Russe et à quatre de ses condisciples - trois Tchétchènes et un Kosovar - eux aussi menacés d’expulsion. Quelques 850 élèves ont schématisé une carte de l’Europe au sol. Parmi la grosse majorité d’élèves vêtus de noir, quelques-uns vêtus de blanc y ont symbolisé les sans-papiers. L’un d’entre eux a ensuite été évacué et conduit vers une frontière symbolique.

"Nous ne nous positionnons pas sur le plan politique, mais d’un point de vue humain", explique Pascale Lejeune, directrice de l’établissement. "Nous ne pouvons pas rester insensibles face à un tel déchirement. Après tout, l’indifférence est une forme de violence."