Namur Dans une situation financière délicate, il leur empruntait de l’argent mais n'a jamais su rembourser

Michel (prénom d’emprunt), qui était banquier dans l’arrondissement de Philippeville, est accusé d’avoir détourné des sommes pour un montant total de 478.000 € au préjudice de 7 de ses clients.

Les faits ont eu lieu en 2013. On lui reproche tout d’abord un faux, à savoir avoir modifié la mention du propriétaire d’un compte bancaire et d’avoir fait usage de ces pièces falsifiées. Il est surtout accusé du détournement via abus de confiance de sommes de 160.000, 60.000, 46.000, 20.000, 42.000, 110.000 et 40.000€. Soit un montant total de 478.000€.

Lors de l’instruction d’audience, le prévenu expliquait avoir dû faire face à d’importantes difficultés financières. "J’ai donc contacté plusieurs clients en leur proposant un investissement via une convention de crédit. Je leur proposais des intérêts à 6 %."

Pour les avocats des parties civiles, tout résidait dans la façon de présenter les choses. Selon l’un des conseils, il proposait à ses clients de gérer leur argent, leur suggérait un rendement, en se gardant de dire que l’argent servirait en fait à éponger ses propres dettes. Les choses se sont donc compliquées quand les intérêts ont commencé à gonfler et que les remboursements n’ont pas suivi.

Le parquet de Namur parle aujourd’hui d’escroquerie plutôt que d’abus de confiance : le prévenu savait très bien en touchant ces sommes qu’il ne les rembourserait jamais. Il réclame une peine de travail de 200 heures, 2000 € d’amende et la confiscation de 432.500 €, montant réévalué de la somme détournée.

Aujourd’hui, Michel est consultant pour des PME en difficulté. Son rôle est de les aider à se sortir de telles situations. Pour son avocat, qui précise qu’une partie des sommes ont été remboursées à certaines parties civiles, il n’y a pas eu d’escroquerie ni d’abus de confiance étant donné qu’il n’y a pas eu de manœuvre frauduleuse et que son client comptait rembourser les sommes empruntées. L’avocat demande à ce que son client ne soit pas condamné au pénal et réclame son acquittement ou, à titre subsidiaire, une peine de travail.

Jugement le 30 octobre

JVE