Namur Colruyt achète directement aux producteurs.

Des producteurs de pommes de terre de la région de Gembloux s’étaient donné rendez-vous sur le parking du Colruyt de Gembloux afin de présenter des pommes de terre pour frites et inviter les passants à une dégustation.

Dans cette région, les pommes de terre sont cultivées avec passion et savoir-faire. Marc Boesman est acheteur de fruits et légumes pour le groupe Colruyt depuis 28 ans. Afin de privilégier un circuit court, il a développé une filière raccourcie au bénéfice des agriculteurs et des consommateurs. " Entre le producteur et le distributeur, il n’y a qu’un seul intermédiaire, à savoir l’emballeur qui réceptionne, lave et conditionne le tubercule. L’agriculteur sait où va son produit ", nous confie Marc Boesmans. " Cette coopération permet d’améliorer la qualité, le prix et la durabilité du produit et d’allonger la saison de la pomme de terre belge. "

Le projet en est à sa deuxième année : " En 2019 on passe de 70 magasins Colruyt qui distribuent à 230, et 130 enseignes Okay s’y ajoutent. En tout 16 agriculteurs produisent pour cette filière, 7 en Flandre et 9 en Wallonie. La saison commence plus tôt en Flandre et dès janvier la production est 100 % wallonne. Celle-ci permet aussi une meilleure conservation", explique l’acheteur.

Nous avons demandé à David Leroy, agriculteur à Forville (Fernelmont), ce qu’il pense de cette collaboration : " Producteurs et acheteurs nous mettons d’accord sur un prix, une qualité et un volume à fournir. Si nous n’atteignons pas le quota, nous ne sommes pas pénalisés. Normalement on compte 55 tonnes par hectare ; en 2018, à cause de la sècheresse, nous avons produit un tiers en moins. "

David cultive sur 200 ha : " On ne cultive la pomme de terre qu’un an sur cinq sur la même parcelle. On produit aussi des légumes destinés à la congélation industrielle, des céréales ou des carottes." Dans la région, on est très sensible aux herbicides et les agriculteurs en ont pris conscience : " On n’utilise pratiquement plus de désherbants, nous travaillons avec des moyens mécaniques modernes (avec GPS) comme pour le binage et d’autres interventions. "

JDC