Un coup de couteau en plein thorax. C’est devant la cour d’assises que Bernard (prénom d’emprunt), aurait pu devoir s’expliquer ce vendredi.

Les faits se sont déroulés le 6 octobre 2018 vers 4h30. Bernard explique : "Je revenais de soirée. Je suis d’abord rentré chez moi puis j’ai entendu des cris, comme des appels au secours. Je n’aurais pas dû mais je suis ressorti, emmenant un couteau avec moi car le quartier n’est pas sûr et un proche s’était fait agresser récemment. Il y avait une dizaine de jeunes rassemblés et je leur ai demandé de baisser d’un ton. Ils se sont montrés menaçants et m’ont entouré. L’un d’eux m’a bousculé, j’ai voulu me protéger car j’ai eu peur, j’ai donné un coup de couteau et j’ai pris la fuite."

Les jours de la victime ont été considérés comme étant en danger par les urgentistes.

Lors de l'audience, le substitut Kerkhofs a fait part des versions, concordantes, de deux témoins de la scène. " Plusieurs jeunes qui étaient de sortie ce soir-là réparaient une voiture suite à un problème technique. Un homme s’est approché d’eux et les a agressés verbalement. Il était armé de deux couteaux qui ont été précisément décris : un avait un manche blanc et celui de l’autre était rouge. Le prévenu a dit vouloir les « planter » et est passé à l’acte, puisqu’il a bel et bien donné un coup de couteau avant de continuer à les menacer. Le prévenu était donc bien le premier agresseur ce soir-là."

Le parquet de Namur estimait lors de l'audience que l’intention homicide était établie, en se basant sur l’arme utilisée et la région du corps visée, et réclamait 6 ans de prison, une peine qui prend en compte les antécédents de Bernard et le fait que celui-ci ai notamment déjà enfreint la loi sur les armes.

La défense de l’individu demandait la requalification de la tentative de meurtre en coups et blessures volontaires et plaide une peine de travail, rappelant que ce dernier a effectué 3 mois et demi de détention préventive.

Ce vendredi, le prévenu a été condamné à une peine de 5 ans de prison assortie d'un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive effectuée.